‹ CorrespondanceChapitre 3 sur 223 · A M. LE PASTEUR NAPOLÉON PEYRAT · texte numérisé non relu

A M. LE PASTEUR NAPOLÉON PEYRAT

Ce î5 mai i86a.

Merci, cher monsieur, de vos bonnes félicitations. Je tâcherai de ne pas être tout à fait absorbé. Il sera difficile de faire tout à fait comme auparavant. Je tâcherai, s'il me reste la force de faire un livre, d'y mettre ce que les articles détachés ne comporteront plus. La vie est une étrange chose; c'est comme un jeu bizarre. Yous avez le bonheur d'y voir une science et une direction profonde.

Tout à vous,

GGXCllI.

A M. CAMILLE DOUCET

Ce \ a mai iSGa.

Mon cher ami,

J'en ai voulu au sommeil qui m'a privé de vous voir. J'étais en effet épuisé. J'ai reconnu aussitôt l'écriture de madame Colet et j'ai été bien sensible à son attention. Être connu de Manzoni, être goûté de lui est un honneur exquis comme le serait le suffrage d'un Racine. Manzoni est le Racine des romantiques

1. Voir, à propos de Manzoni, une autre lettre de félicitation, adressée, à la même date, par madame Colet à Sainte-Beuve [Lettres à la princesse, p. 153).

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

Vous êtes toujours mille fois bon, mais vous allez partir. Ne vous souciez pas de ce soin dominical, si aimable, mais qui peut devenir à'k longue un peu assujettissant. Nous recourrons, à votre retour, à votre» bonne grâce qui nous est assurée et dont on est bien reconnaissant

Tout à vous.

AU MÊME

Mo:i cher ami,

Que j'ai eu du regret de vous manquer ! Que n'avez- vous pu attendre un moment! Vous avez été présent ici d'esprit et de cœur! On a même suppléé une dernière fois à votre présence avec une grâce où je vous ai reconnu"^. Vous avez bien des choses à me Mire d'un beau voyage. Je n'ai pas bougé d'ici et j'ai eu mon petit naufrage en rade, en vue du port. Mon deuil en est fait. Vous me donnerez, n'est-ce pas ? quelques moments quand vous serez un peu moins occupé que vous ne devez l'être en arrivant.

Tout à vous.

1. M. Camille Doucet, alors directeur des théâtres au ministère d'État, envoyait tous les dimanches à Sainle-Beuve un coupon de loge de spectacle.

2. C'est-à-dire que l'envoi d'une loge de spectacle avait continué même en l'absence et par les soins de M. Camille Doucet.

CCXGV.

A M. l'abbé CONSTANTIN ROUSSEL.

2\ mai 1865.

Cher monsieur,

J'ai reçu avec bien de l'intérêt vos félicitations amicales et le charmant bouquet poétique qui les accompagnait. 11 me semble que vous voilà maintenant maître dans cette poésie anglaise des Lacs dont vous possédez toutes les sources. Il faudra un jour faire de tout cela un choix, un Recueil; vous y joindriez quelques notices biographiques, discrètes et simples, également prises aux sources. Connaissez-vous les Mémoires de mistress Felicia Hemans écrits par sa sœur ? Je suis heureux d'avoir été pour vous un indicateur vers ces douces et pures régions où je ne suis pas entré moi-même. Je n'ai vu que de loin la terre de Chanaan i.

Agréez, monsieur, l'expression de mes sentiments reconnaissants et tout affectueux.

1. M. l'abbé Roussel a suivi le conseil de Sainte-Beuve, en publiant un volume de poésies, les Fleurs des Vosges, qui renferme deux très-intéressantes notices sur Wordsworth et Felicia Hemans. (Chez Didier, 1875.)

CGXCYl,

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