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A M. PROSPER MÉRIMÉE

Ce 20 février 1867.

Mon cher ami,

J'apprends avec peine que ce doux climat ne vous traite pas mieux i : nous sommes ici dans un commencement et comme une velléité de printemps qui ne laisse pas d'éprouver.

J'ai été depuis plus de deux mois le plus mauvais des académiciens, car je suis devenu tout à fait infirme. J'ai toujours eu une vessie que j'appelais capricieuse; mais, le 13 décembre, elle s'est mise, sans raison appréciable, à refuser tout service. Casti raro mingunt, me disiez-vous : je

dois être bien chaste, puisque je ne p plus du tout. Cela

n'est pas revenu depuis. Vous jugez de l'assujettissement! et le reste.

Je commence pourtant à sortir. On m'assure que Duvergier de Hauranne n'a pas l'idée de se présenter. Je n'ai pas vu non plus que M. Jules Favre, dont on a beaucoup parlé, ait remué. Mais Léonce de Lavergne se présente résolument pour la succession Barante, et il fait des visites.

Il sera impossible de déterminer M. Troplong, je crois, pour l'héritage de Cousin : il s'est refusé, il y a un an, à toute tentative pour le fauteuil de Dupin, et, après une vi-

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