‹ CorrespondanceChapitre 78 sur 223 · A M. ERNEST FEYDEAU · texte numérisé non relu

A M. ERNEST FEYDEAU

Ce avril i867

Il est bien vrai, cher ami, que ce sont de grands hypocrites. De tous ces catholiques de salons et d'assemblées, on pourrait faire un élixir et on n'y trouverait pas assurément l'âme d'un seul bon chrétien.

Us m'ont fait, à bon marché, un beau rôle. Ce que j'en aime surtout, ce sont les marques de sympathie cordiale que m'envoient les amis, et, parmi ces témoignages, nul ne m'est plus cher que le vôtre.

A vous de cœur.

Je présente mes hommages à madame Feydeau.

CDVII.

A M. R. CHANTELAUZE

Ce 8 avril 1867.

Cher monsieur et ami,

Je vous avouerai sincèrement que j'ai pensé à vous dès le lendemain de cette bourrasque. Je sais votre délicatesse de conscience et j'ai craint de vous avoir fait peine. — Je dois vous dire, au reste, que ce brave et intempestif M. de Ségur-d'Aguesseau, en descendant de la tribune, est venu me dire la même chose et m'exprimer un regret. — Je vois avec bonheur que l'impartialité et l'élévation de votre conscience en égalent la délicatesse. Il s'agit, en effet, d'un principe commun et utile à tous, et vraiment moderne. Les cardinaux, sur place, ont été plus tolérants que les maréchaux. Ce que vous me racontez du Canrobert est bien d'accord avec ce que tout le monde m'en a dit. Au reste, je vois que l'explosion a fait plus d'effet au dehors que je ne l'eusse pensé. Tout cela a été l'affaire en tout de quatre minutes, quelque chose de prompt, de brusque, d'irrésistible. Pour ceux qui ont vécu à Port-Royal, c'est chose toute simple, une bagatelle, et, comme dirait la mère Angélique, ce autant vaut chasser les mouches » .

Rien ne se fera pour le Mémoire sur Retz sans vous avoir passé sous les yeux une et plusieurs fois. Cet Appendice tombe au tome V. Laissez-moi, je vous prie, vous épargner les premiers soins. L'épreuve ne vous arrivera

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

que disposée déjà, avec les sommaires comme je les conçois, un en-tête que j'y mettrai ; c'est sur ce premier canevas, déjà déblayé et tout à fait préparé, que vos derniers scrupules s'exerceront.

Ma santé n'est réellement pas du tout meilleure et aucun changement ne s'est fait sentir dans la fonction essentielle : misères et honte que tout cela !

Agréez, cher monsieur et ami, l'assurance de mes sentiments les plus dévoués.

CDVIII.

A M. REINHOLD BEZEIMERIS.

Ce 9 avril 1807.

Cher monsieur,

11 faudrait être de loisir pour répondre à cette jolie lettre. 11 n'y a rien à faire avec ce D P ; c'est un ma-

niaque qui n'en finira jamais et qui mourra sur son trésor. Passez-vous de lui pour Montaigne, et ne vous gênez pas pour en parler: il n'a pas le monopole. En attendant, prenez les devants avec son cher La Boëtie.

Le savant helléniste dont vous me parlez est un peu quinteux. Il est de ceux qui s'appellent noli tangere. Honnête homme, d'ailleurs, et des plus sérieux. Une lettre de vous, s'en référant aux souvenirs helléniques de monsieur votre père et s'armant de mon nom même, pourrait faire son entier effet. — Un autre helléniste, bien savant, Diib-

ner, est peut-être plus accessible. Que diriez-vous de ce dernier? Je le connais forti.

Agréez, cher monsieur, toutes mes amitiés.

CDIX.

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