‹ CorrespondanceChapitre 85 sur 223 · A M. ALBERT COLLIGNON, AVOCAT, A METZ · texte numérisé non relu

A M. ALBERT COLLIGNON, AVOCAT, A METZ

Ce 10 juillet 1867.

. . . Ces hommes ne voudraient que prendre une revanche, et il ne faut pas leur en fournir l'occasion. 11 y a dans leur fait une grande inintelligence et une absolue inexpérience intellectuelle. Ils vivent dans leur cercle, liers d'eux-mêmes, gourmés dans leur dignité, et comptant pour peu un écrivain qui leur est venu du dehors. Les races sont antipathiques. Peut-être ai-je eu tort de me laisser transporter dans un milieu où l'air renfermé donne au sang un autre cours; mais, d'un autre côté, quand je vois quel retentissement une parole, partie d'un de ces points qui sont un foyer central, produit à l'instant par toute la France, combien elle rallie do cœurs et d'esprits, je ne puis me repentir. L'avantage fait plus que compenser quelques inconvénients.

Mais mettons à la défense de la pensée tout le calme que cette pensée exige.

l. Sur le Sénat de l'Empire.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

CDXXXl.

A M. JULES CLARETIE

Ce 10 juillet 1867.

Mon cher ami,

Je suis très-heureux, et particulièrement que vous ayez saisi l'occasion de faire cette réparation à ce \igoureux esprit Dubois. 11 le mérite. — Vous avez raconté l'histoire du parapluie, mais aujourd'hui il y aurait celle de ma calotte*. Je n'en dis pas plus, et laisse l'anecdote courir.

Tout à vous.

CDXXXII.

A M. R. CHANTELAUZE

Ce a juillet 18fi7.

Cher monsieur et ami,

Une question, ci-jointe, à laquelle vous voudrez bien me répondre, n'est-ce pas? poste pour poste, car nous sommes in extremis. — Je tiens compte de toutes vos remarques. Je

1. L'histoire de la caloUe est cel'ie-ci. On racontiiit que, Sainte- Beuve ayant oublié sa calotte à la tribune du Sénat, M. Charles Dupin, qui était monté ai)rés lui pour le réfuter, s'en s!;rvit à un moment pour s'essu^'er le visage, aux yeux du Sénat ébahi et dont l'orateur ne comprenait pas les rires.

puis vous assurer que votre bonne foi ne nuira pas à votre sagacité. Ayez plus de confiance en vous. Dans une question aussi douteuse, la grande circonspection et l'admission (ne fût-elle que provisoire) des opinions en divers sens fait honneur à l'écrivain véridique. Je surveillerai au passage l'endroit où vous dites que Mazarin n'était pas prêtre.

Au reste, toutes ces pièces produites ne sont pas si probantes : il a pu y avoir pour le grand ministre de France des exceptions, et, si l'on veut se mettre à la merci de chaque nouveau livre qui paraît, on n'aura jamais fini d'asseoir un jugement.

Agréez mes remercîments pour vos bonnes sympathies et l'assurance de mes sentiments dévoués.

CDXXXIII.

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