ALFRED DE& VIGNY
Mercredi, 20 octobre 1829.
.+. Si vous vouliez me faire bien plaisir ; si vous aviez le temps de penser 4 moi, qui vous suis si dévoué; si vous vouliez, enfin, que je me dise en
méme temps votre trés obligé: vous m’enverriez, par le porteur, un balcon pour Desdemona (1).
AU MEME
47 décembre 41829.
Mon cher Monsieur, puis-je espérer que vous voudrez bien entendre ces malheureux poémes (2) que je me propose de lire? Vous y trouverez de nos amis et nous ferez bien grand plaisir. Je ne puis que vous renvoyer l’exhortation que vous m’avez adressée pour Othello: Venez, brave ceur! — non qu'il s’agisse d’un danger, mais il ne s’en agit pas moins d’un secours; et cest surtout Je vétre que j’invoque, car vous étes aussi mon pére in litteris.
AU MEME
49 décembre 1829.
Que vous étes bon d’étre venu, et que je vous remercie de votre livre dont j’ai déja dévoré la téte, c’est-adire la préface (3)! Que j’y ai vu de belles et larges
(1) Othello fut représenté Je 24 octobre 182g.
(2) Les Contes d'Espagne et d’Italie, qui parurent & la fin de 1859, sous la date de 1830, chez Urbain Canel.
(3) Il s’agit de Ja seconde édition des Poémes de Vigny, revue, corrigée et augmentée, qui parut,au mois de mai 1829,chez Charles Gosseliii:
22 COMNESPONDANCE D’ALFAED DE MUSSET
pensées, sl vraies, et,au fond de tout, un peu tristes! Le plaisir de vous lire vaut celui de vous voir, et je me prépare l'un par lautre.
Votre tout dévoud de cceur (1).
i1}) Cotte Inee ciait adressée, comme Ja précédente, A « Monsieur de se de Miromesnil, & Paris ».