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AU RÉDACTEUR EN CHEF DU JOURNAL DE LA LIBRAIRIE

[Juillet i84o.]

Monsieur, je crois devoir répondre, pour ce qui me concerne, à la lettre que M. Charpentier vient de vous adresser (73).

Sans entrer dans les motifs de prétendue concurrence, qui ont pu causer l'irritation de M. Charpentier, et le conduire à la menace d'un procès

XXIII. — Publ. dans le Journal de La librairie, du i8 juillet i84o.

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imae^iiiaire, il me suffira de relever les inexactitudes qu'il s'est permises en parlant de mon travail.

Le litre des deux Faust n'est pas à M. Cliarpenier, mais à tout le monde, puisqu'il existe deux Faust de Goethe et qu'il est impossible de les intituler autrement.

Est-il de bon goût, de la part de M. Charpentier (pour nous servir d'une de ses expressions), d'avoir payé des réclames dans les journaux pour discréditer notre édition, en annonçant qu'elle ne contenait que trois scènes an secorvà Faust ; tandis qu'elle coiilient toute la seconde partie de Faust, qui parut du vivant de l'auteur, en 1828, traduite en entier et littéralement pour la première fois (voir de la page 192 à la page 243). Il est vrai que l'œuvre a été augmentée et complétée depuis, dans les éditions posthumes de Goethe; mais j'ai donné de plus six scènes principales de ce complément, expliquées et réunies par une introduction et une analyse fort longues, le tout formant 118 pages compactes, dans un volume où l'ancien Faust (3" édition) en tient 167 seulement.

Je sais que M. Blaze, qui est un jeune poète plein de science et de talent, est aussi contrarié que moi de cette discussion toute commerciale. Il a dû compter sur le charme de ses vers pour donner de la valeur à certaines scènes obscures ou faibles du Faust posthume, (jue j'ai désespéré de rendre

en prose d'une manière satisfaisante ; mais il ne nierait pas le droit que j'ai eu de les élag-uer, droit dont usèrent souvent, vis-à-vis d'ouvrages plus célèbres encore, MM. Séveling-e, de Sainte-Aulaire Loève-Veimar, et d'autres traducteurs de premier ordre, qui savent que peu d'ouvrages étrangers peuvent, sans coupures, satisfaire le goût du lecteur français ; 1 3o pages de traductions des cliefs-d œuvre de la poésie allemande m'ont paru pouvoir offrir au public une satisfaisante compensation.

Agréez, etc.

GÉRARD

A MARIE DE l'epINAY (74)

28 [juillet i84o].

Madame la comtesse, Je suis forcé de vous prier de m'excaser encore. Peut-être savez-vous que j'ai des lettres de voyage qui paraissent en ce moment dans la Presse (76). Celaserafini dans deuxjours. Le pire est que cela me distrait de l'agencement des scènes du scénario. Je crois que samedi je pourrai vous porter ce petit travail. Y avez-vous pensé de votre côté ? Votre bien dévoué serviteur,

Ce 28. GÉRARD.

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