‹ CorrespondanceChapitre 34 sur 156 · NOVEMBRE 1 84 1 AOUT · texte numérisé non relu

NOVEMBRE 1 84 1 AOUT

Je me souviens pourtant que la salle de la Porte- Saint-Martin a croulé d'applaudissements, quand, au deuxième acte, un des étudiants conspirateurs s'est écrié : «Les rois s'en vont!... je les pousse — »

C'était il y a dix ans. Le drame avait été arrêté huit mois par la censure. Et vous savez Itien, mou cher ami, vousqui m'avez soutenu danscctte œuvre, que j'ai, le premier, attaqué la censure, comme illé^^ale, par le ministère de M^ Schayé, M. Lefèvre, l'agréé de notre société des auteurs dramatiques, m'ayaiit refusé son concours.

Grâce à ma résolution, aidé de votre concours, mon cher ami, le ministre me rendit la pièce qui est la seule peut-être qu'on ait pu jouer sous la monarchie sans que l'encre rouge y eût passé. Malheureusement l'infortuné Harel n'ayant pu faire les frais de décorations nécessaires, la moitié d'un acte immense, qui représentait l'intérieur des sociétés secrètes, dut être supprimé aux répétitions, et je doute que la censure eût fait mieux que ce hasard spirituel.

Je ne réponds, ici qu'à la partie des allégations de mon ami Champfleury qui concerne le théâtre. A ce point de vue, il eût dû ne pas me mettre en lutte, comme orientaliste, avec M. Empis (120), qu'il traite, je ne sais pourquoi, d'académicien. M. Empis est peut-être de l'Institut, mais je ne

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crois pas qu'il ait jamais publié de travaux sur TEgjpte.

Votre ami et collaborateur,

GÉRARD DE NERVAL

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