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LXXXII. — Communiquée par M. Maurice Tourneux

l88 CORRESPONDANCE

Causez-en avec lui, je crois que vous ne serez pas fâchés de vous connaître. Blaze figurerait très bien dans votre collection de stylistes (t54).

GÉRARD DE NERVAL

Suscription : A AIonsieurDidier Editeur 10, Bue des Beaux- Art s

A MADAME DE SOLMS (l55)

2 janvier i853.

Ne me donnez pas, chère fée bienfaisante, le beau livre que vous m'avez promis pour mes étrennes;je les convoitais depuis bien long-temps, ces beaux volumes dorés sur tranche, cette édition unique. Mais ils coûteront très cher et j'ai quelque chose de mieux à vous proposer : une bonne action. Je vous sens tressaillir de joie, vous dont le cœur est si chercheur ! Eh bien ! voici, ma belle amie, de quoi l'occuper pendant toute une semaine ! Rue Saint-Jacques, n" 7, au cinquième étage, croupissent dans une affreuse misère — une misère sans nom — le père, la mère, sept enfants, sans travail, sans feu, sans pain, sans lumière.

Deux des enfants sont à moitié morts de faim.

i.xxxiv. — Publ. dans la Petite Presse, 26 octobre i8û6,

NOVEMBRE l84l — AOUT i853 i8g

Un de ces hasards qui me conduisent souvent m'a porté 1;\ hier. Je leur ai donné tout ce que je possédais : mon manteau et quarante centimes. 0 misère ! Puis, je leur ai dit qu'une grande dame, une fée, une reine de dix-sept ans, viendrait dans leur taudis avec tout plein de pièces d'or, de couvertures, de pain pour les enfants. Ils m'ont regardé comme un fou. Je crois vraiment que je leur ai promis des rubis et des diamants, et, ces pauvres gens, ils n'ont pas bien compris, mais ils se sont mis à sourire et à pleurer.

Ah ! si vous aviez vu ! Vite donc, accourez, avec vos grands yeux si doux, qui leur feront croire à l'apparition d'un ange, réaliser ce que votre pauvre poète a promis en votre nom. Donnez à cette bonne œuvre le prix de mes étrennes, car je veux absolument y concourir, ou plutôt remettez à D... les quatre-vingts francs que devait coûter le chefd'œuvre auquel je ne veux plus penser, et je cours au Temple et chez le père Verdureau acheter tout un aménagement de prince russe en vacances.

Ce sera beau, vous verrez! Vous serez éblouie ! Je cours quêter chez Déranger. Au revoir, petite reine, à bientôt, au grenier de nos pauvres. Nos pauvres ! Je suis fier en écrivant ces mots. Il y a donc quelqu'un de plus pauvre que moi — de par le monde! N'oubliezpas le numéro. Au cinquième» second couloir, la porte à gauche.

igo CORRESPONDANCE

Adieu, Mig-non, chère Mig-non, douce Mignon, providence des affligés, mignonne Mig-non, si douce et si fine, si peu fière et si gentille ! Mettez votre robe à grande queue et vos souliers à talons ! Je leur ai promis, gros comme le bras, une grande princesse, plus puissante que tous les puissants de la terre. Ils n'y croiront plus quand ils verront vos dix-sept ans et votre frais sourire. Mais je bavarde, je bavarde ; adieu, mignonne, encore adieu. —

Pardon, madame.

[Printemps iS53.] Mon cher Listz, Il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit; cette lettre vous vient d'un pays où je vais lorsque je suis bien portant, ce qui ne m'est pas arrivé souvent depuis deux années (i56). J'ai souffert* d'une maladie nerveuse dont la convalescence a été longue et qui a commencé à la suite d'un excès de travail occasionné par une pièce de théâtre jouée dans l'hiver de i85i à la Porte-Saint-Martin. Je vous ai parlé de ce sujet à Weimar (iSy). C'est une sorte de Second Faust, quej'ai arrangé avec Méry,

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