‹ CorrespondanceChapitre 65 sur 156 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Madame et souveraine, Que mon cœur a de peine...

Ainsi disait un enfant chérubin.

Madame et souveraine.

Que mon cœur a de peine.

Cette nuit, je ne sais trop pourquoi, ce refrain

A trotté dans ma tète et m'a laissé tout triste...

J'ai des torts envers vous, mais de ces torts d'artiste

Que l'on peut pardonner de la main à la main.

Je suis un l"ainéant, bohème journaliste

Qui dîne d'un bon mol étalé sur son pain.

Vieux avant l'âge et plein de rancunes amères,

Méfiant comme un rat, trompé par trop de gens.

Ne croyant nullement aux amitiés sincères,

J'ai mis exprès à bout les nobles sentiments

Qui vous poussaient, Madame, à calmer les tourments

D'une âme abandonnée au pays des misères.

Daignez me pardonner cet essai maladroit. ..

Vos lettres m'ont prouvé que, dans cette bagarre.

Vous possédez l'esprit qui marche ferme et droit,

cxxxiv. — Publ. par le V'^ de Tresser vc,A'ou/;e//e Revue internationale, mai 1897.

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