‹ CorrespondanceChapitre 85 sur 156 · LETTRE XI · texte numérisé non relu

LETTRE XI

(32) Sur ce voyage en Allemagne de 1838, voy. Lorelij {Du Rhin au Mein). — Décidés à écrire dans le pays même leur drame de Léo Barckari, les deux amis devaient se rencontrer à Franclort. Dumas y arriva le premier. Gérard, faute d'argent, se faisait attendre. Voici la lettre à laquelle il répond : « Cher ami, par considération pour vous, j'ai choisi pour couver l'œuf que vous avez pondu, Francfort sur le Mein, patrie de notre Gœthe : venez me rejoindre et que l'ombre de l'auteur de Werther veille sur vous pendant le voyage. Quoique la ville ne soit pas grande et que je ne sois pas difficile à trouver, mettez bien dans votre mémoire que je demeure à l'hôtel de l'Empereur romain. 11 faut cinq jours pour venir en s'amusant convenablement en route, tâchez de n'en mettre que quinze. Je ne suis pas inquiet de vous, pécuniairement parlant. J'apprends par Harel qu'il vient de vous compter douze cents livres; en supposant ([u'il m'ait menti de moitié, c'est six cents francs que vous devez posséder : je connais votre manière de voyager; avec six cents francs, vous feriez le tour du monde. — Tout à vous. Alexandre Dumas. » (Publ. par Dumas dans le Pays, 7 Juillet 1854.)

(33) Harel avait été préfet des Landes en 1815. La rentrée des Bourbons lui fit quitter la France jusqu'en 1820. A son retour, il collabora au Miroir, à la 3/inerve...En 1829, il prit la direction de l'Odéon et, en 1832, celle de la Porte-Saint- Martin. Gérard avait connu Harel par l'intermédiaire de Janin, lors de ses premières tentatives dramatiques. — Cette somme de douze cents livres était un à compte sur les droits d'auteur de Léo Burckart.

Page 1