LETTRE XXII
(67) Dans sa lettre à son père du 30 janvier, Gérard annonçait l'intention de faire un voyage dans l'Allemagne du Nord à son retour de Vienne. Plusieurs lettres, passées en vente publique et que je n'ai pu retrouver, ont trait au même voyage. De Carlsruhe une lettre à Dumas, alors à Francfort; Gérard l'engage à venir à Bade : « D'ailleurs, je doute qu'on puisse trouver an pays plus charmant ; il n'a que l'inconvénient de laisser douter si l'on n'est pas sur les planches de l'opéra et si les montagnes ne sont pus des décorations... Figurez-vous que je n'ai pas encore pu dépenser i5o fr., me livrant toutefois aux joies les plus diverses. » — A Dumas encore, deux autres lettres, de Bade et de Strasbourg. — De Strasbourg enfin, une lettre datée du 15 Mars et adressée à Delaunay, directeur de V Artiste ;GéTavA parle de son dénuement qui ne lui permet pas de rentrer en France ; il demande le montant de ses articles « un hiver à Vienne » ; il écrit aussi à la Presse: « Je vais employer ce printemps, ajoute-t-il, à faire une grande pièce. » (Catal. Charavay).
(68) Voy. note 44.
(69) Edouard Ourliac (1813-1848), encore un des habitués de l'impasse du Doyenné, et l'un des plus joyeux. Les fantaisies de sa gaîté débordante lui valurent d'abord une réelle popularité. Le roman de Suzanne, en 1840, marque une transformation très nette de son talent, qui évolue vers le sérieux et l'émotion. Cette conversion alla jusqu'à en faire un légitimiste ardent et un collaborateur de l'Univers. (Voy. les Confessions d'A. Houssaye, — un article de Balzac à la 3e livraison de la Revue Parisienne, — Monselet, Revue de Paris, 1855.) D'après L. Veuillot, Ourliac, entré au Constitutionnel pour rendre con^pte des petits théâtres, se serait permis des incursions hardies dans le domaine de la politique.
(70) Vautrin, interdit après une seule représentation à la
Porte-Sl-Martin (14 Mars 1840). — Voy. la Revue Parisienne de Balzac, 3'' livraison, Septembre 1840.
(71) Alexandre Weill. Gérard l'avait rencontré à Francfort, en 1830, enj^ae^é dans les rancis de la Jeune Allemagne ; c'est lui qui le décida à venir à Paris. (Vo)'. la biographie de M. Robert Dreyfus, Caliiers de la Quinzaine^ IX, 9.)
(72) Entre ce passage en Allemagne au printemps de 1840 et le voyante en Belgi(jue à l'automne, Gérard est donc rentré à Paris. Le 11 mai 1840, il a repris le feuilleton de la Presse pendant une absence de Gautier parti pour l'Espagne. Dans une lettre à Lingay du 23 Juin 1840, Gérard parle de ce voyage de son ami : « Lui-même s'étonne de s'êlre trouvé si connu, si loin. » (Calai. Charavay.)