‹ CorrespondanceChapitre 26 sur 130 · Cheyne-Row, Chelsea, Londres, le 13 février · texte numérisé non relu

Cheyne-Row, Chelsea, Londres, le 13 février

Mon cher Emerson,

Je vous avais promis de vous écrire aux environs du l"*" janvier, promesse que j'étais poui" ma part en mesure de tenir à l'époque fixée, mais dont j'ai remis l'exécution en raison du retard des imprimeurs et de certains articles, qui (levaient accompagner ma lettre. Six semaines n'ont pas encore suffi tout à fait à nous amener ces animaux lambins; néanmoins je ne veux [)as tarder plus longtemps à cause doux...

Votre petit livre et l'exemplaire de Teufelsdrôckh sont arrivés sans encombre, peu de temps après ma dernière lettre... (îeorge Hipley me dit que vous imprimez une seconde édition de Teufelsdrôckh ; bonne chance! Il s'élève ici aussi maintenant comme un murmure ou une |)lainte au sujet d'une èditio'i à imprimer. \c me suis dit une fois, alors que Fraser l'éditeur aexclamail .si fort m

recevant l'un de vos messages : « Il se peut après tout qu'ils publient un jour en un volume, après ma mort peutêtre, s'ils le jugent bon, ce pauvre lambeau d'ouvrage. Gomme ils voudront ! » Au point où en sont les choses, nous abandonnons d'autant plus allègrement le pauvre orphelin à sa destinée. Ripley ajoute qu'il m'a envoyé une critique émanant d'un meilleur juge que celui de la North American; je ne l'ai pas encore reçue et je l'attends. L'éditeur de la North American semble dire que lui aussi m'en a fait tenir une. Elle ne m'est jamais parvenue et je n'en ai jamais entendu parler qu'une seule fois, et par vous je pense. Ce n'était pas du tout une critique hostile ; mais elle était d'une épaisseur et d'un terre à terre qui vous remplissaient de stupéfaction. Depuis l'évèque irlandais disant qu'il y avait dans Gulliver certaines choses sur lesquelles lui, du moins, voulait réserver sa croyance, je n'ai rien rencontré de semblable en ce genre. Cependant il a découvert que Teufelsdrôckh est, selon toute probabilité, un personnage fictif, ce qui, pour un explorateur de la Vérité, est déjà quelque chose. Voulez-vous, finalement, remercier notre ami Ripley jusqu'à ce que j'aie le temps de lui écrire et de le remercier moi-même.

Votre petit Nature couleur d'azur m'a causé une réelle satisfaction. Je l'ai lu, puis prêté à tous ceux de ma connaissance qui ont du goût pour ce genre de choses, lesquels m'ont toujours rapporté un jugement analogue. Vous dites que c'est le premier chapitre de quelque chose de plus considérable. J'y vois plutôt la base et la fondation sur lesquelles vous pouvez bâtir tout ce qu'il vous a été donné d'édifier de grand et de vrai. La véritable apocalypse, c'est quand un homme a la révélation du « Secret manifeste ». Je goûte beaucoup cette joyeuse sérénité d'àme avec laquelle vous considérez notre étrange demeure ici-bas, i'oreille ouverte aux Ewige Melodien^ qui

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