Carlyle lui-même, auteur du Sartor Resartus
dans laquelle j'ai découvert un article de lui; j'ai reçu aussi quelques-uns de ses Discours, très di{,'nes d'approbation : une passe d'armes dans un journal contre un de vos Philistins et une série d'Essais sur le Progrès de l'Espèce et sujets analogues, par un homme que je suis peine de voir s'empêtrer dans ces histoires-là. Le Progrès de l'Espèce est une chose qui ne me dit rien qui vaille. Ces livres, que j'ai prêtés à Miss Martineau, ne sont arrivés que depuis trois semaines, ou moins. Remerciezen bien Hipley de ma part, je vous prie, ce que pour b moment je n'ai pas encore le loisir de faire. Il me fait l'effet d'un brave homme avec de bonnes intentions, naturellement pourvu d'un esprit très sain, dans lequel il est vraisemblable que tout ce qu'il y a de bon deviendra meilleur, tout ce qu'il y a de clair plus clair encore. Miss Martineau déplore qu'il ne se lance pas, du moins avec toute l'impétuosité convenable, dans la controverse de la Libération des Noirs; ce qui est une chose extrêmement déplorable, si l'on considère dans quel monde nous vivons, et combien il serait parfait si Mungo * pouvait voir seulement réviser sa stupide cause, et manger sa courge en apprenti stupide au lieu de la manger en stupide esclave! Le livre de Miss Martineau sur l'Amérique a paru, ici et chez vous. Je l'ai lu en considération de l'excellent auteur que j'aime beaucoup. Elle me fait l'effet d'un phénomène des plus éti'angcs, d'une petite i)oétesse de race, entoilée, enimaillottée comme une momie dans des formules de socinianisme et d'économie polili(|uc. et pourtant bien vivante au sein de tout cela. « Dieu a donné à chaque nation un Prophète en sa propre langue » disent les Arabes. Il était dit que même les Unitaires anglais auraient leur poète et que ce qu'il y avait de meilleur a dire en leur faveur ne resterait pas inexprimé. J'admire l'intégrité, la sincérité de cette bonne dame; son discer-