‹ CorrespondanceChapitre 74 sur 130 · LXXVI. — Emerson à Carlyle · texte numérisé non relu

LXXVI. — Emerson à Carlyle

Concord, le 1" juillet 4842.

... Il y a longtemps que je n'ai reçu un nnot de vous. Vous m'avez écrit d'Ecosse, après la mort de votre bellemère, une lettre pleine de pitié pour moi aussi, et depuis je n'ai plus rien reçu. J'espère que tout vous a souri, que le Puritain de fer émerge du Passé, tel d'aspect et de stature qu'il fut dans la vie, que vous êtes revivifié par la sympathie et le contentement que vous inspire votre peinture, et que les sûrs remèdes du temps, de l'affection et du devoir actif ont apaisé le cœur de la fille orpheline. Mon ami Alcott doit aussi vous avoir rendu visite et vous avez va s'il était possible de maintenir un lien entre des hommes diversement excellents.. . (Annonce à C. qu'il s'est chargé de la direction du Diaï)...

Je suis confus quand je suppute combien d'heures et de jours je consume à ces bagatelles. J'avais formé le sincère dessein d'écrire en tout loisir, durant de nobles matinées ouvertes par la prière ou une lecture de Platon ou de tout autre auteur favori de la muse matinale, un chapitre sur la Poésie dont toutes mes lectures, toutes mes études ne sont que la préparation ; mais nous voici en juillet, et mon chapitre n'enest qu'aux premiers éléments. Cependant quand je sors dans la nuit estivale et que je vois à quelle hauteur sont les étoiles, je suis persuadé qu'il y a bien assez de temps, ici ou ailleurs, pour tout ce que j'ai à faire — et le bon univers ne manifeste guère d'impatience... (E. introduit auprès de son ami Stearns Wheeler qui s'était chargé de surveiller en Amérique les éditions de Carlyle ainsi que celle des Poèmes de Tennyson.)

JUILLET l«4i 173

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