CES TOR
(1) Le directeur de L’Evénement, journal favorable à l’Empire; .
A THÉODORE DURET
Paris, 26 novembre 1868.
Mon cHER DURET,
J’ai fait ma causerie de cette semaine sur le débat que j'ai avec Lacroix, au sujet de mon roman. Je vous ai déjà parlé de cette affaire.
Je vous préviens, et vous prie de ne pas changer un mot de cet article qui est sans aucun danger pour le journal. Je vous demande de le respecter, à titre de service personnel. D'ailleurs, vous ferez également grand
laisir à Lacroix, auquel je l’ai soumis, et qui en attend F publication pour se croire à l’abri de toute poursuite.
Merci à l’avance, et tout à vous.
A MARIUS ROUX
Paris, 4 décembre 1868.
Mon cHEr Roux,
Je ne savais que penser, mais ta lettre m'explique ton silence. Je te réponds quelques mots à la hâte.
Je te prie d’abord de t’informer pourquoi je n’ai pas encore reçu la copie de la délibération du Conseil municipal. Aie l’obligeance de voir le maire et de lui dire que je réclame la délibération avec une légitime impatience
Je te remercie de t’inquiéter de la vente de mes volumes à Aix. Quand tu seras de retour et que tu m’auras donné dés renseignements précis, j'en ferai usage. Par la même occasion, vois s’il n’y aurait pas moyen de glisser dans Le Mémorial la reproduction du compte rendu de Madeleine Férat. Suis-je fâché avec Remondet au point de ne pouvoir compter sur la publicité de son journal?
Tu me dis que Paul doit revenir avec toi. Voilà qui
(1). Délibération relative à une proposition tendant à donner à une voie d’Aix le nom de François Zola, le père d'Emile Zola, qui fit S creuser le canal fameux qui alimente la ville en eau potable.
est bon! Je désespérais de le voir avant le milieu de janvier. Dès que le jour exact de votre départ sera fixé, préviens-moi. Dis à Paul que je ne lui écrirai plus, puisque je le verrai dans quelques jours. Selon l’heure de votre arrivée, venez me demander à diner, le jour où vous débarquerez.
J'achète Le Petit Journal dote ton départ. J vai lu par conséquent ta lettre, au sujet de La Bachelière. Aïx se permet tous les crimes. — Pourquoi ne signes-tu pas de ton vrai nom tes comptes rendus de procès? Cela t’aurait fait une très large publicité. Peut-être y a-t-il des raisons que je ne devine pas. f
Dis à Arnaud, si tu le revois, que je suis tout prêt à lui vendre une seconde fois Les Mystères de Marseille. Seulement les conditions de paiement dont tu me parles me paraissent inacceptables. Je consens à ne pas lui vendre le roman en bloc, mais je désire que tout ce qui paraîtra me soit payé. Si le journal vit, je toucherai le prix du livre entier ; si le journal meurt au quinzième, au vingtième numéro, je toucherai les quinze, les vingt premiers feuilletons. Cela me paraît de toute justice.
Je ne veux pas te raconter l’emploi de ces derniers huit jours. Sache seulement que tous les journaux s’occupent de Madeleine Férat, qui pour le moment vit cachée dans une cave du boulevard Montmartre. Elle se . porte fort bien, mais elle a peur que le grand air ne lui fasse mal. J’espère qu’on la tirera de sa prison lundi. matin. Toutefois, il peut arriver que je m'’adresse au Tribunal de commerce pour prouver à Lacroix que la lumière ne tuera pas cette pauvre dame. En un mot, tout marche bien, trop bien même. Me voilà martyr. Les . démocrates versent un pleur sur mon cas. Ah! ces pauvres démocrates, sont-ils assez roulés!
À bientôt, mon cher Roux, et mes compliments à ta famille. Tu as le bonjour des miens et le salut fraternel de Valabrègue ,
Ton dévoué. |
N'oublie pas la salade de champanelle (est-ce que tu #als l'orthographe de ce mot-là, toi?) sans cela, on est bien décidé ici à t’arracher les yeux. Je me permets ÿ te dire en outre phone quelques truffes, si elles ne
à bon marché. Nous en garnirons un poulet — de notre basse-cour!!! — que nous enterrerons ensuite avec recueillement.
À bientôt.
J’oubliais de te dire que Rhunka ‘ te fait trois grimaces d'amitié. Elle est entièrement libre maintenant, elle court dans le jardin, et, en ce moment même, elle vient frapper à la fenêtre de mon salon, parce qu'il ne fait pas très chaud dehors.
J'ai failli brûler ma lettre, en mettant de la cendre dessus. Hélas! nos œuvres sont bien fragiles!
41) Rhunka était un petit singe femelle de race macaque.
ER 4 w Zi à AE TN
Spa. *
ts à
Ur TE
EU TE 4 à
# v AA | we PAT nl LC] cd LE NS L É ci: fa joe LA ’ WW (I W , 1 | { #u M À OLD 7e | = Wa d QUES LAN D ; ne ET aale »
Fe : CN Lan © J AVS TIR AN Le SUN LE si Le 70 LU ; LUN LA dé Le PA À RARE ÿ | ' 1
un yat ie
ER
Cour Le
bal het: à Î 1 } à PILES LAN { wi = i 4 LT v, LE PUF | Pre À à :
Nes ++ CE É ni ; 1 st Sy 1 1 F | 4 role y !
* 1 EURE À Li \'18e0 PRE 14e Le J ‘ ï l v di k [ ol } Ï À { ï CF | | M
Paie in
ra
| { or \ FER L W 4, Sd à Li À h si Pan fl 4
À THÉODORE DURET
9 janvier 1869.
Mon cHER DURET,
J’ai appris que le Comité de rédaction s’assemblait demain pour décider de ce que l’on mettra dans la nouvelle Tribune. Par crainte de voir ma position discutée, je viens d’écrire une lettre à M. Pelletan, dans laquelle je me mets sous sa protection. Je lui rappelle les bontés qu’il a eues pour moi et je termine en lui disant que j’espère en lui. Si mes causeries ne peuvent continuer à paraître, il sera toujours facile de me faire une petite position : j’adresserai au journal de courts articles sur des questions littéraires ou sociales touchant à la politique. J’ai assisté à la fondation du journal, je souhaite vivement ne pas le quitter. Il est impossible qu’on n’y tire pas un parti quelconque de ma plume. Qu'on me fixe de petits appointements par mois et qu’on use de moi comme on l’entendra.
Je vous écris pour vous apprendre l’envoi de ma lettre à M. Pelletan. Il va sans dire que je compte sur votre appui dans le cas où ma position serait attaquée demain...
Surtout ayez l’obligeance, au sortir de la séance, de me jeter un mot à la poste pour me dire ce qui aura été décidé.
Votre bien dévoué.
À JULES ET EDMOND DE GONCOURT
Paris,$9 janvier,1869.
Cers MESSIEURS,
sai une demande à vous adresser. Je donne, depuis le 17 janvier, des articles bibliographiques au Gaulois, et j'ai pour spécialité de parler des livres à naître. Je serais bien désireux de commettre une indiscrétion sur votre Madame Gervaisais, à la condition que cette indiscrétion vous fût profitable’. Aussi, avant de dire un seul mot, ai-je voulu vous consulter.
Que dois-je révéler, dans quel sens voulez-vous que je
20 ndisére tr Lacroix a, paraît-il, quelques notes qu’il distribue aux journaux. Mais je désire mieux que cela. Dernièrement j’ai donné cinquante lignes du prochain roman d Hugo, ce qui a fait grand tapage. Ne pourriezvous m'envoyer un court fragment qui pique la curiosité sans la satisfaire, un court tableau en une page ou deux?
Cela ne m’empécherait pas de faire insérer un grand extrait quelques jours avant la mise en vente.
Il s’agit uniquement aujourd’hui d’entretenir le public dans l’espoir prochain d’une de vos œuvres.
J’accompagnerais les quelques lignes que vous m’enverriez, de trois ou quatre indiscrétions vagues sur votre livre sans rien déflorer d’important, et cela formerait un petit article qui pourrait vous être utile. C’est là mon seul désir.
Veuillez me faire connaître vos intentions le plus tôt possible, et croyez à mes sentiments les plus dévoués.
(1) Les deux articles sur Madame Gervaisais parurent dans Le Gaulois du 12 janvier et du 9 mars 1869. Voir les ‘* Notes et Commen- ‘‘taires ”” de Mes Haines.
A GUSTAVE FLAUBERT Paris, 10 janvier 1869.