‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 139 sur 142 · ERRATUM · texte numérisé non relu

ERRATUM

Dans les notes, page 233, au lieu de lettre 123 lire lettre 122 — — — 124 — — 123 et ainsi de suite jusqu'à la lettre 143 inclus.

Cl du peintre graveur Daragnès qui préparera alors une série d'illustrations pour le V'ojage du Condollière. Au cours de cette randonnée, un incident mécanique immobilisera l'auto des voyageurs dans un petit village près d'Orvieto. Le réparateur, un artisan-garagiste, entendant prononcer le nom de Suarès, demandera : « Suarès l'écrivain? » Et, renseigné sur la personnalité de son client, il refusera de se faire payer. Cette popularité inattendue procurera à André Suari"s une très vive et durable satisfaction.

Sa fidélité à l'Italie n'empêchera pas le « condottiere » de voyager dans d'autres pays : l'^'Vngletcrre, l'Allemagne, l'Espagne et la Hollande.

Lettre 123

— Paul Claudel vient passer en France les mois de septembre, octobre et novembre 1909. En décembre 1909, il sera nommé consul de France à Prague, où il demeurera jusqu'à sa nomination au consulat de Francfort en 191 1. Il est alors en séjour dans son village natal, \'illeneuve-sur-Fère (Aisne). Il projette d'aller ensuite à Hostel, village de l'Ain, où son beau-père possède un château. Son projet de voyage à Rome ne se réalisera pas, cet hiver-là.

— Le manuscrit d'André Suarès que Paul Claudel a vu entre les mairis d'.Vlbcrt Chapon est celui de Lais et Sônes.

— Le Retour de L'Enfant prodigue d'André Gide, après sa parution dans le numéro de mars-avril-mai 1907 de Vers et Prose, a été publié en plaquette à tirage restreint (cent exemplaires) par la Bibliothèque de V Occident. C'est la typographie de cette plaquette que Paul Claudel a particulièrement appréciée.

Lettre 124

— Les Lais et Sânes d'André Suarès ont été publiés en 19 10 par la Bibliothèque de l'Occident à 133 exemplaires sur vergé d'Arches.

Les lais sont ceux dont il a déjà été question dans la lettre du 1 7 décembre 1905 (no 34).

Paul Claudel n'a pu manquer d'être sensible à l'angoisse exprimée par des vers comme ceux-ci :

Je me sens toute vie Plus vive que V éclair Descendre dans le gouffre Que je souffre, d mon âme, que je souffre!

{Psyché au Tombeau.)

— Le second volume annoncé par André Suarès dans une lettre qui a été perdue est le tome II de Sur la vie (Collection de la Grande Revue, Éditions Cornély).

André Suarès publiera dans la Grande Revue du 25 février 19 10 un texte intitulé Inondation que lui a inspiré le spectacle de Paris envahi cet hiver-là par les eaux de la Seine.

— Le passage mystérieux de saint Paul sur le peuple juif demeurant « malgré tout le peuple choisi et prédestiné entre tous » se trouve dans les chapitres IX à XI de VÉpître aux Romains, où saint Paul expose son enseignement sur le peuple d'Israël et déclare notamment : « Eu égard au choix divin, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car les dons et la vocation de Dieu sont sans repentance. (Épître aux Romains, XI, 28-29.)

— Son père étant receveur de l'Enregistrement à Bar-le-Duc (avant de devenir conservateur des hypothèques à Nogent-sur-Seine), Paul Claudel a fait ses classes enfantines au lycée de la ville lorraine, tandis que Raymond Poincaré y était élève de philosophie. En 1876, le futur poète, âgé de huit ans, récoltait tous les prix de sa classe, comme faisait dans la sienne le futur président de la République alors âgé de seize ans.

Lettre 125

— Incipe, parve puer est le début du vers de Virgile : Incipe, parve puer, risu cognoscere matrem, {Quatrième Églogue.)

— En février 191 o, M™^ Paul Claudel a donné le jour à sa fille Reine qu'avaient précédée Marie et Pierre.

Lettre 126

— Paul Claudel a découvert en 1 909 un ouvrage d'apologétique dû à l'écrivain anglais G. K. Chesterton : Orthodoxy, dont la lecture

l'a captivé. 11 en a traduit l'un des chapitres essentiels que la Nouvelle Revue Française — « la revue de Gide », comme dit André Suarès — a publié dans son numéro du i^' aoîit 1910, sous la signature P. C. Voici comment Paul Claudel, le 28 avril 1909, commentait sa découverte de Chesterton, dans une lettre à Jacques Rivière : « Dernièrement, j'ai trouvé des pages pleines de mérite et d'esprit chez un fantaisiste anglais (G. K. Chesterton, Orthodoxy.) Il montre que la vérité chrétienne diffère de toutes les doctrines en ce qu'elle place la sagesse non pas dam une certaine neutralité contradictoire, mais dans des sentiments d'apparence contradictoire poussés à leur degré extrême d'intensité (joie et pénitence, orgueil et humilité, amour et renoncement, etc.). L'homme, comme sur une croix, subit sa tension, son extension extrême dans tous les sens. C'est l'application au domaine moral de cette théorie des « vérités perpendiculaires » que je crois avoir faite dans le temps. Quantum potes, tantum aude. Car la grande devise de l'Art et de la civilisation chrétienne, c'est cela qui a fait de l'Europe autre chose que ce stupide « Empire du Milieu ». » {Correspondance Riiihe-Claudel, Pion, 1926.)

— André Suarès a consacré l'une de ses chroniques de la Grande Revtu (nO du 10 juin 1909) à ce qu'il appelle « le cas Loisy ». L'abbé Loisy (1857-1940), principal représentant du modernisme en France, a publié V Évangile et l^ Église dont Rome a condamné les idées. Après son excommunication par le Saint-Office en 1909, il est devenu professeur au Collège de France où il enseigne l'histoire des religions. André Suarès approuve la sincérité courageuse de l'homme mais désapprouve les agissements du prêtre et termine ainsi son étude : « Il est beau d'avoir la foi; il est beau et grand de la renier en soi, quand la pensée l'exige; il est héroïque à un prêtre sans péché de quitter une Église où il a grandi, où il comptait mourir saintement, comme il y était né. Mais il ne convient pas de vivre dans une maison qu'on est forcé de détruire même si l'on se donne l'illusion, en la bouleversant, de la restaurer. Église ou État, un ordre fondé sur l'autorité et le miracle ne peut être régi par le doute et la critique. » {Sur la vie. Essais, t. 2.)

Ces propos d'André Suarès s'expliquent par l'attitude de l'abbé Loisy qui a voulu rester à l'intérieur de l'Église en conservant le vocabulaire théologique traditionnel tout en dénaturant l'enseignement catholique sur les rapports de l'homme avec Dieu. C'est cette prétention qui a paru inadmissible et redoutable à la papauté. C'est elle qui a provoqué l'excommunication.

— Le Breviarium monasticum des Bénédictins est celui dont André Suarès a déjà parlé dans sa lettre du 17 janvier 1909. Il est légèrement différent du Breviarium romanum récité par les prêtres séculiers.

— Ce sont les propriétaires de l'appartement loué par lui qu'André Suarès appelle les « sorcières de la rue Méchain ».

Lettre 127

— Paul Claudel prêtera son Bréviaire à André Suarès qui le lui restituera quelques mois plus tard, soigneusement protégé par une couverture en toile d'emballage.

Lettre 128

— La réflexion de Paul Claudel : « On dirait que vous avez tout parcouru à pied comme les anciens pèlerins » correspond à une impression tout à fait justifiée puisque, non pas cette année-là, mais en 1896, comme nous l'avons déjà signalé, André Suarès a fait à pied son premier voyage en Italie. La photo placée en tête de ce livre le représente dans sa tenue de voyageur.

Dans le chapitre XXX du Voyage du Condotlière (Heures iur Veau), André Suarès a dit de Tintoret : «Je ne puis me faire à Tintoret. Ce qu'on appelle sa puissance n'est à mes yeux que l'abondance du désordre. Il n'est ni vrai, ni au-dessus de l'image vulgaire. Il est romantique jusqu'à la frénésie. [..] De tous les hommes, Tintoret me semble le plus voisin de Victor Hugo. »

Par contre, dans le chapitre XX intitulé Stendhal en Lombardie, André Suarès a tracé un portrait très élogieux de Stendhal, faisant de lui le « héros de la vie » parce qu'il a su regarder « l'état de passion comme le seul où l'on vive » et déclarant qu'il est « un inventeur de caractères comme il s'en rencontre un ou deux tous les cent ans ». André Suarès consacrera une de ses chroniques de la Nouvelle Revue Française à Stendhal. [D'après Stendhal, dans Portraits, Éditions de la jV. R. F., 1914.] Il rédigera sur Stendhal une troisième étude dans un ouvrage intitulé Stendhal, Verlaine, Baudelaire, Gérard de Nerval et autres gueux. (Paris, Éditions Champion, 1923.) Ce texte sera incorporé à Présences. (Paris, Éditions Émile-Paul, 1926.)

— Il a consacré le chapitre XII, la Page des violons, aux violons de Crémone, et le chapitre XXXI à Ravenne [Lumière au cœur de la gemme). Ce dernier chapitre contient un long développement sur l'art décadent de l'époque byzantine dont l'église Saint-Apollinaire lui a fourni un exemple typique : « L'art ne suit plus la nature. La joie n'est plus dans le mouvement, mais dans une certaine émotion cachée. L'immobile symétrie se substitue au rythme des membres et des groupes. L'analyse des gestes semble vaine. La vie n'est plus une onde

qui circule dans les muscles. La plante naturelle, si belle en ses moindres traits, est dédaignée. Sous les robes, il n'est plus de jambr^ ; les bras sont de bois; les vêtements ne sont plus le miroir du corps qu'ils enveloppant; mais ils ont de très beaux plis. La statuaire est morte. Et morte l'action. Mais Psyché dans les limbes est au berceau de Ravennc. » C'est à cette phrase terminale que Paul Claudel a fait allusion.

— h^ Occident d'avril igio a public un texte intitulé Messe de minuit, méditation qu'a inspirée à André Suarès la messe de minuit à laquelle il a assiste à Saint-Séverin. On comprend que Paul Claudel ait été touché par des textes aussi religieux que ceux-ci : « Non seulement pour le fidèle, mais pour l'esprit qui voit et qui comprend, la Messe est l'un des plus bcaiLx entre les drames... Des saints ou de grands moines, hommes d'un goût puissant et d'une force exquise, ont élevé ces cathédrales de poésie et de chant qu'on appxîlle les messes. Et comme le profane confond toutes les églises, qui toutes sont diverses, il ne discerne pas les messes entre elles. Les messes de Noël sont, peutêtre, les plus belles.

« Il n'est point d'œuvre plus pressante, par tout ce qu'elle donne et tout ce qu'elle contient. La messe de Noël accomplit toutes promesses. Elle est le bouton, où toute l'année liturgique est en germe; et dans le bourgeon, le fruit innombrable se gonfle avec toute l'allégresse de la natalité.

« ...[..] L'idée qu'un Dieu naît de la femme et qu'il est le fils de l'homme; que cet enfant sera le Sauveur du monde et de toute souffrance; qu'à l'instant où il naît dans une allégresse et une attente sans bornes de la nature, il est déjà promis au suppUce, et qu'il est l'agneau du sacrifice par qui rançon est payée de toute mortalité à la mort égoïste : je ne sais p>oint un tissu d'images plus grandes, ni plus tendres dans la majesté. Et certes, pour le catholique qui y voit les plus réels de tous les actes, il s'agit bien d'une action dont tous les mots, tous les gestes et tous les faits sont sublimes. »

— La formule Regem venturum Dominum venile adoremus est l'invitatoire des matines durant les deux premières semaines de l'Avent.

Lettre 129

— André Suarès « entre en agonie » chaque année en novembre parce que — comme nous l'avons déjà dit — c'est le mois amiiversaire de la mort accidentelle de son frère Jean.

— La première partie du nouveau drame de Paul Claudel, r Otage, vient d'être publiée par la NouulU Revue Française (n° du i«" décembre

1910). Les nviméros du i^' janvier et du i^' février 191 1 contiendront la suite et la fin de l'œuvre sous laquelle figure la signature Paul C. L'Otage sera édité en volume en 191 1 avec la signature complète de Paul Claudel.

Le drame a pour thème le sacrifice de la descendante d'une noble famille qui, sous le Premier Empire, est amenée par un concours de circonstances extraordinaires, à épouser le fils des régisseurs de ses parents pour sauver le pape.

Lettre 130

— La citation approximative Ecce, Domine, tu cognovisti omnia novissima et antiqua. Tu formasti me et posuisti manum tuam super me. Confortata est mirabiliter scienîia tua ex me est tirée du Psaume, CXXXVIII, 5-6. La voici dans son intégrité : Ecce, Domine, tu cognovisti omnia, novissima et antiqua. Tu formasti me, et posuisti super me manum tuam. Mirabilis facta est scientia tua ex me, confortata est et non potero ad eam.

Lettre 131

— Le livre d'André Suarès commenté par Paul Claudel est le tome II de Sur la vie qui contient, outre des études littéraires et philosophiques, une série de portraits dont les plus remarquables sont ceux de IS'Ionticelli, de Verlaine, de Maurice Pottecher, de Saint-Évremond et de Benjamin Constant.

— U Opinion du 14 janvier 191 1 contient un article intitulé Un évadé du Nihilisme, André Suarès, signé par Jean de Pierrefeu. Voici un des passages les plus caractéristiques de cet article qui fait de Suarès l'homme-type de la génération dont les représentants avaient trente ans en 1900 : « Peu d'hommes sont, autant que lui, dignes de préoccuper leur temps, peu d'œuvres autant que la sienne méritent d'occuper les conversations des hommes de nos jours. Ce serait méconnaître André Suarès que lui dire qu'il n'est pas de son époque ou qu'il la précède. Ni en avant, ni à côté, Suarès marche avec sa génération. En lui s'est joué pendant dix ans le drame formidable de la volonté et de l'intelligence. Ses livres sont pleins de ce conflit meurtrier de l'esprit et de l'action. »

Lettre 133

— La citation approximative Sicul unguentum quod descendit in barbam Aaron est tirée du Psaume, CXXXII, 2 : Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron.

— L'expression Parce unicae spei totius generis humani signifie : « Aie pitié de l'unique espérance de tout le genre humain. »

— Sed vinccre in bono malum est une réminiscence de VÉpîlre aux Romains, XII, 21 : Noli vinci a malo sed vince in bono malum.

Lettre 134

— Quand André Suarès dit : « J'ai charge d'une vie : ce n'est pas de la mienne que je parle », il veut parler de celle de sa femme Betty.

Lettre 135

— André Suarès, dont la lettre précédente a été perdue, est en train de corriger les épreuves d'une longue étude sur Dostoïfvski que vont publier les Cahiers de la Qiiinzairu (n" 8, 13^ série, 191 1). Cette étude intégralement reproduite fera partie de Trois Hommes : {Pascal, Ibsen, Dostoïfvski,) que les Éditioas de la J^. R. F. éditeront en 191 3.

A l'occasion du centenaire de la naissance de Dostoïevski, André Suarès rédigera une conférence que lira Jacques Copeau au Vieux- Colombier le 21 décembre 1921 et qui fera partie de Sur la Vie. (Éditions Émile-Paul, Paris, 1925.) D'autre part, André Suarès préfacera la Vie de Dostoïevski par la fille de ce dernier, Aimée Dostoïevski (Éditions Émile-Paul, Paris, 1926.)

Le Dostoïevski des Cahiers de la Quinzaine est divisé en cinq parties : I. Sur sa vie; IL Image; III. Sur son Art; IV. Passions et mommts; V. La Profondeur rus%e.

Nous citerons le paragraphe final de cette imp>ortante étude. Il donne le ton de la vénération de .Suarès pour DostoïeN-ski en même temps que l'explication d'un tel sentiment : « Dostoïevski, si je ne

me trompe, et moi-même à mon rang, nous sommes l'antidote de la tyrannie rationnelle, des philosophes, et de tout poison inhumain : Dostoïevski, le cœur le plus profond, la plus grande conscience du monde moderne. »

Lettre 136

— Quelques mois après avoir publié Dostoïevski de Suarès, les Cahiers de la Quinzaine publient son Tolstoï vivant (nO 7 de la 1 2^ série, 191 1). Cette étude est la réunion de celles que Suarès a publiées en 1898 sous le titre Tolstoï, aux Éditions de V Union pour l'action morale, et de nouveaux textes consacrés à l'écrivain russe, notamment Pour et contre Tolstm {La Grande Revue du 25 septembre 1909.)

Si la pensée de Tolstoï ne touche pas Paul Claudel, elle émeut au contraire, profondément, André Suarès qui tente de justifier l'orgueil de l'écrivain russe et l'inévitable esseulement auquel il est condamné, sur la cime. Il y a, dans son approbation de l'attitude de Tolstoï, comme une sorte d'auto-justification.

Quant à Dostoïevski, Paul Claudel éprouve pour lui un sentiment d'estime et de gratitude qu'il a clairement exprimé dans une lettre à André Gide : « Dostoïevski est un des hommes que j'ai le plus étudiés à l'époque de ma crise de formation et qui m'ont le plus soutenu et consolé. » (Tientsin, 30 juillet 1908. Correspondance Claudel-Gide, Éditions Gallimard, 1950.)

— Beethoven est l'un des musiciens dont André Suarès préfère interpréter au piano les œuvres, en particulier toutes les Sonates. A cette époque il ne partage pas les réticences de Claudel à l'égard de Wagner dont il admire par-dessus tout Tristan, Parsifal et les Maîtres chanteurs. Mais au fur et à mesure que ses raisons d'aimer Debussy se préciseront, il se détachera de Wagner. Il consacrera à Beethoven un article intitulé Sur le seuil des quatuors {'Nouvelle Revue Française du i^r avril 191 2), une étude incorporée aux Essais (Éditions delà N.R.F., 19 13), un long chapitre de Musiciens (Éditions Louis Jou, 1931) et un texte d'hommage à l'occasion du centenaire de la mort du musicien : Célébration du centenaire de Beethoven (Éditions Desoer, Paris, 1927).

Dans une plaquette intitulée Wagner (Éditions de la Revue d'Art dramatique, Paris, 1899), i^ ^ ^^is en parallèle les mérites respectifs de Wagner et de Beethoven. L'œuvre wagnérienne lui inspirera plusieurs études importantes dans Musique et poésie {Sur Wagner, Baudelaire et Wagner) et dans Musiciens {Wagner- Amf or tas, Amfortas et l'oiseau) .

De son côté, Paul Claudel écrira, en 1926, une étude sur Wagner. {Richard Wagner, rêverie d'un poète français, dans Figures et Paraboles, Éditions Gallimard, 1936.) A propos de Wagner, il dira son admira-

tion pour Beethoven, et unira les deux musiciens dans une reconnaissance comparable à celle qu'il a vouée à Dostoïevski : « C^ommcnt oublicrais-jc que, pendant ces années de matérialisme où l'éducation universitaire avait scellé sa dalle sur la tête d'un pauvre enfant, Beethoven et Wagner furent pour moi les seuls rayons d'espérance et de consolation?»

Lettre 137

— Quand André Suarès écrit cette lettre, il n'a pas encore reçu la lettre précédente de Paul Claudel. Il répondra à celle-ci dans sa lettre du 17 mars 191 1.

— Comme nous l'avons déjà indiqué, André Suarès a écrit, sur les Quatuors de Beethoven, une étude qui a paru dans la Nouvelle Revue Française du 1®' novembre 1912. {Sur le seuil des quatuors.)

Lettre 138

— Tolstoï est mort le 7 novembre igioà l'âge de quatre-vingts ans. Excédé par la vie de famille, il avait fui sa demeure pour se rendre tout seul et clandestinement vers un lointain lieu de villégiature où il devait retrouver d'obscurs amis. Tombé malade le i*' novembre dans une gare perdue au fond de la campagne, il y est décédé une semaine plus tard. L'opinion mondiale a été remuée par les circonstances de cette mort, et beaucoup d'intellectuels comme Suarès ont vu dans cette fugue dramatique l'ultime échappée d'un être d'exccf)tion qui ne p>ouvait supporter la vie quotidienne.

Lettre 139

— Miles Martcn est un écrivain tchèque spécialisé dans l'étude et la divulgation de la littérature française. Paul Claudel l'a connu à Prague.

Lettre 140

— Dans V Action française du 7 mai 191 1, Pierre Lasserre a consacré une étude à Paul Claudel, à l'occasion de la publication de l'Otage. Il n'a pas ménagé ses reproches à l'égard d'un art dont il a constaté avec étonnement qu'il a fait école. Et il a reconnu, non sans regret, la place prééminente prise dans la littérature française contemporaine par ce que, l'un des premiers, il a appelé le Claudélisme. Paul Claudel, avant de se plaindre à André Suarès de la virulence des attaques de Pierre Lasserre, a admis, dans une lettre à Francis Jammes, l'utilité de ce genre de désapprobation : « Il est intéressant et instructif pour moi et je ne me plaindrai jamais d'une critique sincère et loyale comme l'est, je crois, celle-ci... [..] Au reste, je n'ai pas les yeux fermés sur mes défauts, mais du moment où j'ai fait ce que j'ai pu, je n'ai pas à m'inquiéter du résultat. » (Fragment de lettre inédite, datée du 19 mai 191 1 et communiquée par M'^^ Francis Jammes.)

Lettre 142

— « Les ennuis d'installation », dont parle André Suarès, correspondent à son changement de domicile à Paris. Il quitte la rue Méchain pour aller habiter 20, rue Cassette.

— Le texte primitif de la Jeune fille Violaine, rédigé en 1892, n'avait pas encore été publié quand, en 1899- 1900, Paul Claudel l'a complètement remanié pour le donner aux Éditions du Mercure de France dans l'ouvrage collectif Tête d'or (1901). En 1910, il a transformé de nouveau, de fond en comble, la version déjà publiée, afin de livrer un texte définitif qui paraîtra, en novembre 1 9 1 1 , aux Éditions du Mercure de France dans le tome II du Théâtre, i'« série. Ce qu'il appelle, dans cette lettre, « la nouvelle version de la Jeune fille Violaine», c'est V Annorwe faite à Marie, à laquelle il travaille déjà depuis plusieurs mois. Il a écrit à André Gide à ce sujet : « Je travaille avec ardeur à mon nouveau drame, l' Annonce faite à Marie, et j'en suis tout possédé. Il ne restera plus grand-chose de la pauvre Jeune fille Violaine. Même le IV^ acte que je voulais laisser à peu près intact va sans doute être démoli.» (Prague, 18 février 191 1. Correspondance Claudel-Gide, Éditions Gallimard, 1950.)

— Le directeur de la Grande JRevue, Jacques Rouché, avait chargé André Suarès de proposer à Paul Claudel de l'aider à porter à la scène l'Annonce faite à Marie.

Lettre 143

— Pendant son séjour à Paria, en 191 1, Paul Claudel va faire une visite à André Suarès chez lui, rue Cassette.

— Il demeurera au consulat général de Francfort-sur-le-Mein jusqu'à sa nomination à Hambourg en 191 3.

Lettre 144

— L'expression Abyssus abyssum invocat est tirée du Psaume, XLI, 8.

— « Les paroles lugubres des Ténèbres » citées en français par Paul Claudel sont comp>osées de plusieurs réminiscences des matines du jeudi saint :

i^ Hic peccata nostra portavit et pro nobis dolet : ipse autem vulruratus est Propttr iniquitaUs nostras (3^ répons).

2* Et suslinui qui simul contrislaretur et non fuit. [Psaume LXVIII, 21, Premier Nocturne.)

3« Adversum me loquebantur qui sedebant in porta et in me psallebarU qui bibebant- vimtm. {Psaume LXVIII, 13.)

— Paul Claudel a contribué à la conversion de son ami Henrion qui deviendra un ermite évangélisant, dans les environs de Kairouan.

— Le cardinal Ramp)olla (1843-1913), après avoir brillamment rempli les fonctions de secrétaire d'État sous Léon XIII, semblait devoir lui succéder, mais ses sympathies françaises feront jouer contre lui le veto de l'.Autriche. Le conclave a abouti alors à l'élection inattendue du cardinal Sarto, patriarche de Venise, qui a pris le nom de Pie X (4 août 1903). Dès le 20 janvier 1904, la Constitution Commissum nobis édictée f)ar le nouveau pape a aboli le droit de veto F>our prévenir le retour de pareilles immixtions jxjlitiques dans les élections pontificales.

— La devise Religio depopulata, extraite de la pseudo-prophétie de saint \Ialachic et qu'on traduit complaisammcnt par « la chrétienté dévastée », s'applique au p>onlificat de Pic X auquel elle semble convenir en raison des graves attaques doctrinales du modernisme, de l'attitude anticléricale de plusieurs gouvernements et de la première guerre mondiale.

— L'expression Patimur pressuram est peut-être une réminiscence du texte de la i'^ Épître aux Corinthiens, IV, 8 : tribulationem patimur.

— Depuis 1907, André Suarès, à la fois sous son nom et sous le pseudonyme Scantrel, collabore régulièrement à la Grande Revue. Sa collaboration prendra fin quelques mois plus tard et Paul Claudel y fera allusion dans sa lettre du 1 1 août 191 2.

Lettre 146

— André Suarès a fait partie de la première équipe de la Nouvelle Revue Française où André Gide l'a introduit. Il y publie régulièrement une série d'études intitulées Chroniques de Caërdal.

— André Suarès a consacré à Chateaubriand une étude intitulée De Chateaubriand, dans la Nouvelle Revue Française du i^' août 1912. Cette étude fera partie des Portraits. (Éditions de la N. R. F., 1914.) La phrase initiale et la phrase terminale condensent la pensée d'André Suarès sur Chateaubriand : « Tout un siècle est plein de son nom... [..] Au murmure éternel du flot, c'est là qu'il dort. Chateaubriand, l'éternel Narcisse au miroir du néant. » Paul Claudel, lui, est rebuté par ce qu'il appelle « la pompe » et « le drapé » de Chateaubriand dont la grandeur — qu'il reconnaît — ne le touche pas.

— Sur Le Voyage du Condottiere, se reporter aux notes de la lettre 121.

Lettre 147

— Paul Claudel parle du tome III du recueil d'essais intitulé Sur la vie, qui contient une très longue étude inspirée par Baudelaire. André Suarès y témoigne, pour le poète, d'une admiration sans réserve : « II est [a-t-il écrit] une façon de sentir avant Baudelaire, et une façon de sentir après lui... [..] Plus on s'éloigne de lui, plus son grand visage ravagé prend la cruauté durable du marbre... [..] Verlaine excepté, Baudelaire est le plus vivant de nos poètes. »

André Suarès traitera du baudelairisme dans quatre autres textes : une préface aux Fleurs du Mal, une préface au Spleen de Paris, un chapitre de Trois Grands Vivants : Cervantes, Tolstoï, Baudelaire, un fragment de Musiciens (Baudelaire) et de Musique et poésie (Baudelaire et Wagner). Dans son essai (t. III de Sur la vie), il a cité à plusieurs reprises l'édi-

tion des œuvres posthumes de Baudelaire, établie par Eugène Créf>ct en même temps que l'édition des correspondances inédites. (Paris, Éditions Quantin, 1887.) Cette étude sur Baudelaire sera jointe avec quelques corrections à celles sur Cervantes et Tolstoï, en 1938, dans un livre éditée par Grasset, Paris, et intitulée Trois Grands Vivants.

— La Branche de lierre est une prose poétique qui a pour sous-titre Primavera. Elle fait partie du tome III de Sur la vie.

— Le texte d'André Suarès sur Joinville a paru dans la Nouvelle Revue Française. {Chronique de Caërdal, i^^ juillet 191 2.) Il sera incorporé à Portraits. (Éditions de la N. R. F., 19 14.)

Lettre 148

— André Suarès ayant à ce moment renoncé à publier l'article qu'il se proposait d'écrire sur Rimbaud dans la Nouvelle Revue Françaisey les pages que Claudel a consacrées au poète paraîtront finalement dans la Nouvelle Revue Française du i^' octobre 191 2 en même temps que Trois lettres inédites de Rimbaud. Cet article sera reproduit en manière de préface dans l'édition des Œuvres d'' Arthur Rimbaud, vers et proses publiée par Paterne Berrichon aux Éditions du Mercure de France en 19 16. Il fera ensuite partie des Positions et Propositions. (Éditions de la N. R. F., 1928.) En voici la phrase liminaire si souvent citée : « Arthur Rimbaud fut un mystique à l'état sauvage, une source perdue qui ressort d'un sol saturé. Sa vie, un malentendu, la tentative en vain d'échapper à cette voix qui le sollicite et le relance et qu'il ne veut pas reconnaître... »

Lettre 149

— - Paul Claudel, le 24 août 191 2, sera père d'un quatrième enfant : Henri. Le 2 août 191 7 viendra au monde son cinquième et dernier enfant : Renée.

Lettre 150

— U Annonce faite à Marie, montée par Lugné-Poe, a été donnée en représentation trois fois seulement, au théâtre de V Œuvre, en décembre 191 2.

Lettre 151

— Le père de Paul Claudel est mort le 3 mars 191 3, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Sa mère mourra en 1929, âgée de quatrevingt-dix ans.

Lettre 152

— Dans une lettre à André Gide, en date du 22 mars 191 3, Pau Claudel a déjà exprimé la peine qu'il a éprouvée en apprenant que son père était mort sans avoir reçu les sacrements de l'Église : «Mon pauvre père ne s'est pas confessé avant sa mort, et c'est un grand remords pour moi. Si j'étais venu plus tôt, peut-être l'aurais-je décidé à remplir ses devoirs, comme il en avait manifesté l'intention. J'espère que Dieu lui aura tenu compte de ce bon mouvement, mais il me reste une effroyable incertitude sur sa destinée ultérieure. La pensée de l'enfer est difficilement soutenable quand on la considère face à face et qu'il s'agit d'un père. Et cependant, que ces mystères sont proches de nous et combien peu de chose nous sépare de la mort et de ce moment de terrible hésitation où le cœur s'arrête et où l'âme s'en va ailleurs ! » {Correspondance Claudel-Gide, Éditions Gallimard, 1950.)

Lettre 153

— Paul Claudel a lu l'étude inr Pascal écrite par André Suarès. {Trois hommes : Pascal, Ibsen, Dostoïevski, Paris, Éditions de la N. R.F.

191 3.) Cette élude complète la première publiée en 1909 sous le titre VisiU à Pascal daiis les Cahiers de la Quinzaine.

— L'ouvrage Idées et Visions d'André Suarès a paru, également en 1913, aux Éditions Émile-Paul. Il comprend : Croquis de Provence^ Réflexions sur la décadence. Lord Spleen en Comouailles, Idées et Visioru, Colloque avec Pascal. La partie Idées et Visions, qui a donné son nom à l'ensemble du volume, contient une nouvelle apologie de l'art, divin émancipateur de l'homme, lequel doit trouver « la plénitude dans la beauté ».

— Cressida est un drame publié en 1 9 1 3 par les Éditions Émile-Paul. Dans cette œu\Te, André Suarès a mis en scène le père de Cressida, Pandarus, personnage à la fois bonasse et sage, plein de cocasserie sympathique.

— Paul Claudel vient d'être nommé consul général de France à Hambourg, où il demeurera jusqu'à l'ouverture des hostilités avec l'Allemagne, en août 19 14.

Lettre 155

U Otage a été joué à Paris en mai 191 4, salle Malakoff.

Lettre 156

— Les deuac volumes qu'.\ndré Suarès a envoyés à Paul Claudel sont : François Villon (n» 5 de la 15* série des Cahiers de la Qyinzaine, 1914) et Portraits (Éditions de la N. R. F., 1914).

André Suarès célèbre, avec beaucoup de chaleur, les mérites de Villon qui lui parait être « le premier poète à la moderne, le premier où l'on rencontre l'âme du p>oète étonnant, tel que la France l'a conçu, tel que Paris l'a créé, tel qu'il est resté ». Cette étude sur Villon a

été jointe à celle qu'André Suarès a publiée dans la Nouvelle Revue Française {Chronique de Caërdal, 1911-1912). Ainsi s'est constituée la matière du volume Portraits {Joinville. Jean-Jacques. Suétone. Véranèse. Chateaubriand. François Villon. Ker Enor. Diaprés Stendhal) . André Suarès a dit de Stendhal, après lui avoir rendu un hommage que n'a pas approuvé Paul Claudel : «Jamais personne n'a été, plus que lui, un individu. »

— Ce que Paul Claudel appelle « les notes de Brunswick » sont les impressions rapportées par Stendhal d'un voyage à Brunswick, et publiées en 1897 par les Éditions de la Revue Blanche en même temps que d'autres textes intitulés : De Napoléon, De l'Italie, De l'Angleterre, les Pensées et Commentaires sur Molière.

Lettré 158

— 'ExY)[B6Xoç 'ArroXXtùv signifie : « Apollon le lanceur de traits ». En face de la comparaison flatteuse de Paul Claudel, André Suarès

écrit à l'encre rouge : Oui, mais c'est 'AttoXXwv.

— Les deux livres dont André Suarès a fait l'envoi à Paul Claudeï sont : Nous et eux et Péguy. (Éditions Émile-Paul, 191 5.)

— Paul Claudel est alors chargé d'une mission économique à Rome par l'Office national du commerce extérieur. Il quittera Rome en 1 9 1 7 pour aller à Rio de Janeiro avec le titre de ministre plénipotentiaire.

Lettre 159

— Le Soulier de satin ou le pire n'est pas toujours sûr a été commencé en mai 1919a Paris et achevé en décembre 1924 à Tokio. Édité d'abord en 1929 (Éditions de la N. R. F.,) puis réédité en 1944 après un raccourcissement plus scénique, le drame, dans sa version réduite, sera représenté pour la première fois le 27 novembre 1943 à la Comédie- Française, avec une mise en scène de Jean-Louis Barrault.

— Paul Claudel a dû communiquer à André Suarès l'une des copies dactylographiées de cette œuvre, en même temps qu'il lui a fait parvenir Feuilles de Saints. (Éditions de la N. R. F., 1925.) Cet ouvrage groupe un ensemble de portraits de saints et d'amis de Paul Claudel, rédigés sous la forme du verset et dans un esprit mystique, ce qui explique qu'André Suarès les appelle des « cantiques ».

— Paul Claudel, nommé en 192 1 ambassadeur à Tokio, est alors en congé en France. Il repartira pour le Japon en janvier 1926.

— Le 12 mai 1925, Paul Claudel se rendra chez André Suarès, 20, rue Cassette, à Paris. Les échos de la rencontre de Paul Claudel avec André Gide — rencontre qui aura lieu deux jours plus tard et qui, dans l'esprit de Paul Claudel, fait partie de la même ligne d'action — sont contenus dans la Correspondance Claudel-Gide. (Éditions Gallimard, 1950, p. 242-243.)

Lettre 162

Paul Claudel a été nommé en 1933 ambassadeur de France en Belgique. Il y demeurera jusqu'en 1935.

Marsiho par André Suarès est un livre consacré à son lieu de naissance, Marseille. Les descriptions de la grande cité sont certainement les plus suggestives qu'on ait pu en faire : elles concilient le réalisme descriptif et la vision poétique. (Édition originale en 1931 avec des bois en couleurs gravés par Louis Jou, Éditions M. -P. Tremois, Paris. Réédition en 1933, Éditions Grasset, Paris.)

— « La première dédicace » à laquelle fait allusion Paul Claudel est sans doute celle qu'André Suarès a portée sur l'exemplaire de Marsiho et qu'il a barrée pour la remplacer par une autre, plus conforme — d'après lui — à son dédicataire. Paul Claudel, interrogé par nous à ce sujet, ne pourra que faire la même supposition.

Lettre 163

— André Suarès a consacré à Jeanne d^Arc une étude publiée dans Sur la vie. Essais, t. III.

— Au dos de l'enveloppe contenant cette lettre, André Suarès trace à l'encre rouge ces deux phrases : Très bon petit billet sur « Jeanne d*Arc ». — Ha, s'il voulait!

— Sienne la bien-aimée est le soxis-titre du tome III du Voyage du Condottiere. (Éditions Émile-Paul, Paris, 1932). Par Napoléon, Paul Claudel désigne l'ouvrage d'André Suarès, intitulé Vues sur Napoléon, publié en 1933 par les Éditions Grasset.

Lettre 164

— A la fin de l'année 1936, Paul Claudel a subi une crise d'anémie pernicieuse due, nous précisera-t-il, au paludisme contracté en 1921 durant un séjour à Angkor (Cambodge). Ce sera en janvier 1937 qu'il rencontrera André Suarès pour la dernière fois.

Lettre 165

— « Les études bibliques » dont parle André Suarès sont contenues dans Figures et paraboles. (Éditions de la N. R. F., 1936.)

La citation de Saint Paul est composée de deux textes voisins de YÉpître aux Romains : Omnis creatura ingemiscit et parturit usque adhuc (VIII, 22) et : Nam exspectans creatura revelationem filionan Dei exspectat (VIII, 19).

— « Les dernières pages » d'André Suarès dans la Nouvelle Revue Française ont pour titre : Temples grecs, maisons des Dieux et contiennent le chapitre consacré au milan Iktinos :

« O Iktinos, tu croises tes courbes au-dessus des colonnes. Je suis tes pensées, ce vol éternel qui mesure avec délectation le temple issu de ton calcul, corps de ton rêve. Plané, milan, plane, esprit royal. O mortel assez grand pour avoir fait un accueil digne d'eux aux immortels. »

Iktinos ou Ichtinos est le nom de l'architecte du Parthénon.

— Le passage des Proverbes auquel se réfère Paul Claudel est une réminiscence des livres sapientiaux {Ecclésiastique, XXIV, 255) où il est dit de la sagesse : « La sagesse se loue elle-même et se glorifie au milieu de son peuple. Elle ouvre la bouche dans l'assemblée du Très-Haut et se glorifie en présence de sa majesté : Je sortis de la bouche du Très-Haut et comme une nuée je couvris la terre. J'habitai dans les hauteurs et mon trône était sur une colonne de nuées. Seule, j'ai parcouru le cercle du ciel et je me suis promenée dans les profondeurs de l'abîme. »

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