‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 2 sur 142 · PRÉFACE ET NOTES PAR ROBERT MALWET · texte numérisé non relu

PRÉFACE ET NOTES PAR ROBERT MALWET

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Il a été tiré de V édition originale de cet ouvrage mille quatre cent quatrevingt-huit exemplaires, savoir : quarante-six exemplaires sur hollande Van Gelder, dont quarante numérotés de i à 40, et six, hors commerce, marqués de A à F; trois cent soixante-deux exemplaires sur vélin pur fil Lafuma- Navarre, dont trois cent cinquante numérotés de ^i à 390, et douze, hors commerce, marqués de G à 1^', mille cinquante exemplaires sur vélin labeur des Papeteries Navarre de Voiron, reliés d'après la maquette de Paul Bonet, dont mille numérotés de ^gi à 1.390, et cinquante, hors commerce, de 1.391 à 1.440, le numéro étant précédé de la mention exemplaire sur vélin labeur; trente exemplaires, hors commerce, sur alfama Marais numérotés de 1 à XXX.

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AndRI'. SlARÈS EN 1 89.S

au cours d'un de ses voyages en Italie

En 1904, André Suarès a envoyé, par la poste, à Paul Claudel l'un de ses premiers ouvrages : Sur la mort de mon frère. Ce livre, écrit sous le coup d'une affliction proche de la désespérance, révèle une exceptionnelle effervescence intérieure et laisse clairement entendre que son auteur, ne pouvant se résigner à croire que tout est fini après la mort, aspire à se convaincre d'une survie. Paul Claudel, aussitôt, sent l'âme de qualité qu'il faut guider vers Dieu. « Que de choses à nous dire ^ ! » écrit-il à André Suarès, et celui-ci, comme un écho, lui répond : « Oui, nous avons beaucoup à nous dire ^. »

Les premiers entretiens qui réimissent les deux écrivains ont lieu en mai 1905 ^. A en juger d'après le ton des lettres échangées à l'issue de ces rencontres, la conversation a dû, sans atermoiement, aller au vif du sujet, là où les arguties ne sont plus de mise parce que les arguments employés présupposent ime sincérité débarrassée de toute fioriture. Mais ime sincérité réciproque, intégrale, n'est pas forcément garante d'un accord futur. Elle peut, au contraire, avoir les effets de la lumière qui rend plus évidentes les oppositions de couleurs escamotées par la nuit. Une telle sincérité incite André Suarès à faire à Paul Claudel l'aveu de certaine réticence qu'il a éprouvée six mois plus tôt : «J'ai balancé quelque temps à suivre l'attrait que je sentais pour vous. Et vous avez dû connaître, je crois, le même penchant et la même résistance *. »

Qu'André Suarès ait hésité avant de se laisser aller à la pente qui l'entraînait vers Paul Claudel, nous ne nous en étonnerons pas. Son souci de ne rien perdre de ce qui peut s'offrir à lui sur le plan spirituel, sa crainte aussi de se perdre en voulant se sauver, sa bonne volonté religieuse compensée ou plutôt contrariée par sa volonté antidogmatique, cet appétit de Dieu et cette répugnance au rite expliquent l'hésitation de

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