Ce journal nous ramène un peu en arrière
2. L'Angleterre, l'Amérique, la France, l'Espagne et la Hollande.
constances. Mon excellente amie et voisine madame Bril- Ion, était allée à Nice pour sa santé; elle y passa tout l'hiver dernier avec son aimable famille , et m'écrivit qu'elle avait fait connaissance avec plusieurs Anglais de distinction dont la société lui était agréable. Parmi eux elle nomma Lord Cholmondely qui, disait-elle, lui avait promis de la venir voir, à son retour en Angleterre, et de prendre le thé avec nous à Passy. Il partit de Nice plus tôt que madame Brillon ne Pavait supposé, et arriva à Paris longtemps avant elle. Le 21 mars je reçus de lui le billet suivant :
« Lord Cholmondely présente ses compliments au docteur Franklin ; il part pour Londres demain soir, et serait charmé de le voir cinq minutes avant son départ : lord Cholmondely se présentera dans la matinée, à l'heure qu'il plaira au docteur Franklin de fixer. »
Jeudi soir, hôtel de Chartres.
Je répondis que je serais chez moi toute la matinée, et recevrais Sa Seigneurie avec plaisir, si elle me faisait l'honneur de me rendre visite. Lord Cholmondely vint en effet. Il m'était personnellement inconnu. Nous parlâmes de nos amis qu'il avait laissés à Nice, puis des affaires d'Angleterre, et des dernières résolutions prises par la Chambre des Communes sur la motion de M. Conway K 11 m'assura que lord Shelburne faisait grand cas de moi ; que Sa Seigneurie serait charmée de recevoir de mes nouvelles, et que si je voulais lui écrire, il se ferait un plaisir de se charger de ma lettre. Sur quoi j'écrivis ce qui suit :