‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 44 sur 136 · AU COMTE DE BUCHAN · texte numérisé non relu

AU COMTE DE BUCHAN

Emigration en Amérique.

Passy, 17 mars 1783.

Milord,

J'ai reçu la lettre que Votre Seigneurie m'a fait l'honneur dem'écrire; je la remercie des félicitations qu'elle m'adresse sur le retour de la paix, j'espère qu'elle sera durable.

Quant aux conditions auxquelles les terres se vendent en Amérique, et à la manière d'y fonder un établissement, je ne saurais vous donner de meilleurs renseignements que ceux qui se trouvent dans un livre intitulé : « Lettres d'un fermier de Pensylvanie, par Hector Saint-John. a Les seuls encouragements que nous offrons aux étrangers sont un beau climat, des terres fertiles, un air pur, de Peau saine, des vivres en abondance, beaucoup de bois, de bons salaires; bons voisins, bonnes lois, liberté et bon accueil. Le reste dépend de l'industrie et des vertus de chacun. Les terres sont à bon marché ; mais encore faut-il les acheter. Tout établissement, quel qu'il soit, est aux frais des particuliers ; le public ne contribue à rien qu'aux frais de défense et de justice. Je ne compte pas, néanmoins , sur une grande émigration dans un pays aussi épuisé d'hommes que doit l'être le vôtre *, depuis la dernière guerre. Plus il y a de gens partis, plus il y a de place et d'avantages pour ceux qui sont demeurés au logis. Mais vous êtes le meilleur juge en cette affaire; et j'ai depuis longtemps observé que les Écossais, grâce à leur sobriété, à leur industrie, à leur probité, ne manquaient guère de réussir en Amérique, et d'y faire de bons établissements.

Je ne me rappelle point la circonstance dont vous avez la bonté de m'entretenir : j'ignorais avoir sauvé la vie d'une personne à Saint-André, en donnant à sa maladie une autre direction 2. Je serais curieux de savoir quelle était cette maladie, et en même temps quel est cet avis si salutaire que je donnai.

J'ai l'honneur d'être, avec grande considération, etc.

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