C'est à Arthur Lee que pense Franklin
3. John Jay, John Adams, qui tous deux écrivirent à Franklin pour lui rendre justice.
réponse. Je n'ai pas jugé qu'il fût nécessaire de me justifier devant vous, en répondant aux calomnies dont vous me parlez. Je sais que vous n'y croyez pas.
Il était peu probable qu'à la distance où je suis, je pusse m'entendre avec personne pour faire racheter du papiermonnaie à vil prix. Quel intérêt avais-je à ce rachat? Il était impossible que j'eusse trafiqué avec l'argent public, puisque depuis mon arrivée en France, je n'ai fait aucune affaire d'argent, soit séparément, soit en société, soit directement, soit indirectement, ne fût-ce que pour la valeur d'un shilling. Les pêcheries, qu'on me reproche d'avoir abandonnées, n'avaient pas encore été mises en discussion au moment où l'on m'accusait; je n'en avais pas dit une syllabe ni par parole ni par écrit ; tout au contraire, j'ai toujours été à cheval sur ce principe qu'ayant eu avec les Anglais un droit égal aux pêcheries quand nous étions unis, et ayant également contribué de notre sang et de notre argent à les conquérir sur la France, nous avions droit à une juste part, quand notre association se rompait. Quant aux deux accusations de vieillesse et de faiblesse, je passe condamnation sur le premier point; mais pour le second, il ne me parait pas que la chose soit aussi claire ; et peut-être mes adversaires trouveront-ils qu'ils ont un peu trop présumé d'eux-mêmes , en se hasardant à m'attaquer.
Assez de ces misérables personnalités: Je les quitte, pour me réjouir avec vous de la paix que Dieu nous a donnée dans sa bonté et de la prospérité qu'il nous fait entrevoir. Le traité définitif a été signé le 3 courant. Nous sommes maintenant amis avec l'Angleterre et avec le genre humain tout entier. Puissions-nous ne jamais revoir une autre guerre, car, à mon sens, il ri y a jamais eu de bonne guerre, ni de mauvaise paix. Adieu, et croyez-moi toujours, mon cher ami, votre bien affectionné.