‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 83 sur 136 · A M. ET MADAME JAY · texte numérisé non relu

A M. ET MADAME JAY

Philadelphie, 21 septembre 1785.

Chers amis,

J'ai reçu votre aimable lettre du 16, qui contient des félicitations sur mon heureuse arrivée avec mes petits-fils; cet événement me rend vraiment heureux, car c'est ce que j'ai longtemps et ardemment désiré, ce dont je commençais à désespérer, en voyant augmenter les infirmités de Tâge. Je suis maintenant au sein de ma famille, et j'y trouve quatre nouveaux petits babillards qui grimpent après les genoux de leur grand-papa et me donnent un grand plaisir. L'accueil affectueux que j'ai reçu de mes concitoyens a surpassé de beaucoup mon attente.

J'ai très-bien supporté mon voyage, je trouve même qu'il m'a fait du bien; j'ai donc toute raison de m'applaudir de l'avoir entrepris et achevé. Quand j'étais à Passy, je ne pouvais supporter la voiture; les difficultés et l'ennui de la navigation sur la Seine, pendant une saison aussi sèche, m'ayant détourné de mon projet de la descendre en bateau, j'ai accepté l'offre qu'on m'a faite d'une des litières du roi, portée par de fortes mules, qui malgré la lenteur de leur pas, m'ont fort bien mené jusqu'au Havre. De là j'ai passé en paquebot à Southampton, où j'ai attendu quatre jours que le bâtiment vint me prendre à Spithead. Plusieurs de mes amis de Londres sont venus me voir, et, entre autres, le bon évêque de Saint-Asaph

et sa famille, qui sont restés avec moi jusqu'au dernier moment. Enfin je me porte maintenant assez bien pour croire que je pourrai avoir le plaisir de vous voir encore une fois tous les deux à New- York, ainsi que mes chers jeunes amis (qui, j'espère, ne m'auront pas entièrement oublié). Je présume que je pourrai supporter une voiture douce, sur la route sablonneuse de Burlington à Amboy; le reste du chemin se fait par eau.

Je me réjouis d'apprendre que vous continuez à vous bien porter, et je suis avec une véritable affection, votre, etc. B. F.

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