‹ Correspondance (volume 2)Chapitre 86 sur 136 · A MATHON DE LA COUR · texte numérisé non relu

A MATHON DE LA COUR

Philadelphie, 16 novembre 1785, Monsieur,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 25 juin passé, ainsi que la collection que vous avez faite des Comptes rendus de vos contrôleurs généraux , et votre Discours sur les moyens d'encourager le patriotisme dans les monarchies. Le premier ouvrage est précieux, il contient un grand nombre de renseignements utiles. Mais le second m'a particulièrement charmé. Les sentiments en sont délicieusement justes, et ils sont exprimés avec tant de force et de clarté que je suis convaincu que cet écrit, si petit qu'il soit, doit faire grande impression sur l'esprit des princes et des peuples, et par là il fera beaucoup de bien à l'humanité ! Veuillez recevoir mes sincères remerciments pour ce double envoi.

Il faut semer le bon grain toutes les fois que nous en avons l'occasion; il y aura toujours quelque grain qui lèvera. Je vous en donnerai un exemple qui vous fera plaisir. La lecture du Testament de Fortuné Ricard a mis dans la tête et dans le cœur d'un citoyen l'idée de laisser deux mille livres sterling à deux villes d'Amérique, afin qu'elles prêtent cet argent, par petites sommes, et à cinq pour cent d'intérêt aux jeunes gens qui commencent les affaires. Les revenus seront accumulés, et au tout de cent ans seront employés en travaux publics, au bénéfice de ces deux villes f. Avec grande estime, j'ai l'honneur d'être, monsieur, etc. B. F.

1. Ce citoyen est Franklin. Voyez son testament, dans les Essais de morale et de politique.

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