V. Sup. p
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troaye à propos de m'employer en cette affaîre j fl sera bon de m'envoyer un pouvoir spécial et des instmctions. L'ambassadeur a ajouté que c'était pour lui un plaisir de penser qpe la Suède était la première puissance qui, en Europe, efit offert yolontairement son amitié aux États-Unis , avant toute sollicitation , et qu'il e^érait qu'on s'en souviendrait. Il tant parler aussi peu que possible de cette affaire jusqu'à ce qu'elle soit terminée.
Veuilles présenter mes respects au Congrès, et croyezmoi, etc. B. F.
A ROBERT MOBRIS
Paay, 2d juin 17»
Monsieur,
Pour ce qui touche à la paix et à la guerre, je vous renvoie à M. livingston , à qui j'écris en détail. Je vous dirai seulement qu'il y a quelques mois , les Anglais désiraient cette paix, mais qu'aujourd'hui, je les soupçonne de tirer les négociations en longueur jusqu'à ce qu'ils aient vu ce que la campagne produira. J'espère que notre peuple ne se laissera pas séduire par de belles paroles, mais qu'il se tiendra sur ses gardes, prêt à repousser toute entreprise de ces perfides ennemis. Je suis, etc. B. F.
Mercredi 26. J'expédiai mes lettres, et j'allai voir M. Oswald. Je lui montrai le brouillon d'une lettre que j'avais résolu de lui adresser, plutôt qu'à lord Shelbume, au sujet de la commission ou du caractère public qu'on pourrait lui donner par la suite. Cette lettre répondait au memoran" dutn de lord Shelbume, que M. Oswald m'avait montré, elle était faite pour être communiquée à Sa Seignerie. M. Oswald approuva le moyen que j'avais choisi , mais il désira one je ne parlasse point du mémorandum de lord Shelbume , quoiqu'il ne doutât pas qu'on le lui esta remis
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pour me le ikire yoîr. J'effaçai dono ce passage et je refis de la manière suivante la lettre que je loi envoyai le lendemain:
A mCHARD 06WALD.
Passy, 27 juin 1782.
Monsieur,
La bonne opinion que j'ai de votre franchise , de votre probité , de votre bon jugement et de votre bon vouloir pour les deux pays , m'avait fait espérer que vous seriez investi du caractère de plénipotentiaire pour traiter avec ceux de l'Amérique. Quand M. Grenville produisit sa pre* mière commission, qui ne portait que le pouvoir de traiter avec la France, je m'imaginai que celui de traiter avec nous vous était réservé , et qu'on ne le retenait que jusqu'à ce que le bill à! autorisation fût voté. M. Grenville a reçu de nouveaux pouvoirs , qui contiennent, à ce qu'il me dit, l'autorisation de traiter avec les ministres de tout autre prince ou État^ et il semble croire que les États- Unis de l'Amérique sont compris sous ces termes généraux, U n'est pas douteux qu'ils ne puissent comprendre l'Espagne et la Hollande ; mais comme il existe plusieurs actes publics par lesquels le gouvernement de la Grande* Bretagne nous refuse le rang d'États, et qu'il n'y en a aucun où il nous l'accorde , il est difficile de croire qu'on ait pensé à nous au moment où les pouvoirs ont été donnés, puisque l'acte d^ autorisation n'était pai3 encore voté. Je n'ai aucune objection à faire contre M. Grenville, ni aucun droit d'en faire ; mais comme votre long séjour en Amérique vous a donné une connaissance du pays, du peuple, de sa position, de son commerce, etc., qui, jointe à votre expérience en affaires, pourrait être utile aux deux parties, en facilitant et en accélérant la négociation, je ne puis m'empôcher d'espérer qu'on n'a pas encore
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renoncé à Tidée de vons investir du caractère dont j'ai parlé, pour traiter ayec rÂmériqae, soit seul, soit conjointement avec M. (^nyille, selon que la sagesse de vos ministres en décidera. Quelle que soit leor décision, je vons prie de regarder cette lettre comme un témoignage de la sincère estime et dn respect avec lesquels j'ai l'honneur, etc. B. F.
Vendredi ^ jwn. IL de Rayneval est venn me voir: il m'a dit que les ministres avaient reçn des nouvelles d'Angleterre. Sans parler des ordres donnés au général Garleton de proposer à l'Amérique des conditions de réunion, des émissaires adroits ont été envoyés par tout le pays pour exciter le peuple à demander au Congrès d'aecepter ces conditions , qni sont semblables à celles que l'on accorde à rirlande. On pense donc que M. Jay et moi nous ferions bien d'écrire au Congrès, pour le mettre en garde contre ces menées. M. Rayneval m'a dit que le comte de Yergennes désirait savoir ce que j'avais écrit au sujet de la négociation, parce qu'Q était à propos pour nous tous de tenir à peu près le même langage. Je lui dis que je ne craignais aucunement que de pareils émissaires obtinssent le moindre succès, ni que le Congrès voulût Caire aucun traité avec le général Carieton ; que néanmoins j'écrirais conmie il le désirait. M. Jay étant survenu, fit la même promesse. M. Rayneval nous dit que le courrier partirait demain ; j'écrivis en conséquence à M. le secrétaire Livingston et à mon ami le docteur Cooper, ce qui suit:
▲ ROBERT R. UVJNUSTtM.
Passy, SSjnin 17SL Monsieur,
Dans ma lettre dn 25 courant, j'ai omis de vous dire que sur les pressantes et vives instances de M. Lanrens, qui avait promis au ministère anglais qu'il ne se considé-
rait pas comme libre d^aglr dans des affaires publiques, tant que la parole de Lord Gomwallis ne serait pas rendue par moi à Sa Seigneurie, j -avais envoyé au général la pièce dont ci-joint copie. Je vois, par les journaux anglais, que Sa Seigneurie aussitôt après la réception de cette pièce, a paru à la cour; qu'elle a repris sa place à la Chambre des pairs ; ce qu'auparavant elle ne se croyait pas permis de faire. Mon droit d'en agir ainsi m'a paru douteux à moimême ; mais M. Laurens a jugé que le mandat qu'on m'avait donné au sujet du général Burgoyne m'y autorisait, et, dans ses lettres, M. Laurens m'a paru si malheureux jusqu'au moment où cet échange s'est accompli, que j'ai hasardé de le faire, en réservant néanmoins au Congrès l'approbation ou le désavœu.
L'acte d? autorisation est, dit-on, voté ; mais il n'en a pas encore été reçu de copie ; et comme le bill présenté a été modifié en passant au parlement , et que nous ne savons en quoi ces changements consistent, les négociations ne sont pas encore commencées. M. Grenville attend son courrier dans quelques jours, avec une réponse de sa cour à un mémoire que lui a été donné par la cour de France. Cette réponse nous fera probablement connaître plus clairement les intentions du ministre anglais, qui, depuis quelque temps, ont paru équivoques et incertaines. Il semblerait que, depuis leur succès aux Antilles, les Anglais regrettent un peu les avances qu'ils ont faites , en déclarant qu'ils reconnaissaient notre indépendance; et nous savons d'assez bonne part que quelques membres du ministère flattent encore le roi de l'espoir de recouvrer sa souveraineté sur nous, aux mêmes conditions que l'on fait maintenant à l'Irlande. Quelque disposés que nous eussions été, au commencement de la lutte, à accep* ter de pareilles conditions, soyez assuré que nous ne pouvons nous y confier aujourd'hui. Le roi nous hait cordialement. Qu'on lui accorde le moindre degré de pouvoir ou
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d'aatorité sur nous , quelque limité qae soit ce potnroir, il rétendra bientôt par la corroption, Partifice et la force, jusqu'à ce que nous soyons réduits à une sujétion abso* lue; il en viendra d'autant pins aisément à bout, qu'en le reprenant pour notre roi« nous attirerons sur nous le mépris de toute l'Europe, qui aujourd'hui nous admire et nous respecte , et que nous ne trouverons plus jamais un seul ami qui veuille nous aider.
11 7 a, dit-on, dans le ministère de grandes divisions sur d'autres points aussi bien que sur celui-ci ; ceux qui visent à s'emparer dn pouvoir, flattent le roi de ce projet de réunion, et, à ce qu'on dit, comptent beaueoup sur les machinations d'agents privés, envoyés en Amérique pour y dis* poser les esprits en faveur de la réunion, et amener un traité séparé avec le général Carleton. Je n'ai pas la moindre crainte que le Congrès donne dans ce projet, aussi contraire à nos traités qu'à notre intérêt; mais je crois qu'on fera bien d'épier ces émissaires , et de flaire arrêter et bannir sur-le-champ quiconque sera trouvé gagnant le peiq»le et le poussant à la réunion.
La résolution ferme et inébranlable de la France, de l'Espagne et de la Hollande, se joint à la nôtn pour ne traiter que d'une paix générale, malgré les offres séduisantes faites à diacune d'elles séparément; cette résolution finira par nous mettre à même de commander la paix. Chacune des autres puissances voit clairement sonintérèt à en agir ainsi, et persistera dans sa résolution. Le Congrès,
j'en suis convaincu, est aussi clair- voyant qu'aucune d'elles ; il ne se départira pas d'un système qui a obtenu tant de succès, et qui promet de rendre bientôt l'Amérique aussi grande qu'heureuse.
Je viens de recevoir sous la date de Lyon, mie lettre de M. Laurens, qui voyage dans le midi de la France pour sa santé. M. Jay saisira aussi cette oceasion pour écrire.
J'ai l'honneoTy ete. B. P.
▲ SAMUEL GOOPER.
Passy, 28 jum 1782.
Nos affaires publiques sont ici dans une bonne situation. Après avoir en vain essayé de faire une paix séparée avec chacune des puissances en guerre , l'Angleterre s'est enfin décidée à traiter d'une paix générale avec elles toutes, et à Paris. Si nous persistons fermement dans la résolution de ne pas nous séparer , nous dicterons les conditions de la paix. Je ne doute nullement de cette fermeté , quant à la cour de France ; et , quoiqu'on nous dise que , de votre côté de l'eau , on fait des efforts pour pousser PAmérique à une réunion, aux conditions qu'on accorde à l'Irlande, et qu'on a envoyé au général Garleton des pouvoirs à cet effet, je suis convaincu que le danger de ce projet paraîtra si évident , que , si on vous fait cette proposition , elle sera immédiatement rejetée. Nous n'avons de salut que dans notre indépendance ; avec elle , nous serons respectés et nous deviendrons bientôt grands et heureux. Sans elle, nous serons méprisés» nous perdrons tous nos amis, et alors, ou nous serons cruellement opprimés par le roi, qui nous hait et qui est incapable de nous pardonner, ou ayant contre nous tous les ennemis de l'Angleterre , nous coulerons avec elle. Je suis toujours, etc. B. F.
M. de Rayneval, qui est secrétaire du conseil d'État, est revenu me voir dans la soirée. Je lui ai donné copie des trois lettres précédentes pour qu'il les lût et les montrât au comte de Yergennes , afin de le convaincre que nous n'agissons pas ici en dessous-main. J'avoue qu'en môme temps, j'avais un autre objet en vue; c'était de leur faire voir à tous deux que j'avais reçu l'ordre de demander de nouveaux subsides, et que je m'étais abstenu de le faire , en exposant mes propres raisons. J'espérais
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que s'ils étaient en état de nous donner on peu pins d'argent, la lecture de ces lettres pourrait les y décider.
Je n'avais jamais faitde visite au comte d'Âranda, ambassadeur d'Espagne » par les motifs ci-dessus mentionnés. M. de Rayneval dit à M. Jay ainsi qu'à moi ce matin , que nous ferions bien de l'aller voir, et qu'il était autorisé à nous donner l'assurance que nous serions bien reçus. Nous résolûmes en conséquence de nous rendre le lendemain chez Son Excellence.
Samedi 20 juin. Nous ayons fait viâte à l'ambassadeur d'Espagne , qui nous a reçus avec beaucoup de civilités et de politesses. Il a parlé à M. Jay du traité qu'ils doivent faire ensemble, il pose comme principe, que les deux puissances doivent considérer leurs convenances respectiveSjS'accommoder et se dédommager l'une l'autre du mieux qu'elles pourront. Une compensation exacte ne sera peut-être pas possible, mais il faudra s'en rapprocher autant que la nature des choses le permettra, c Ainsi, ajouta-t-il, s'il se trouve, quelque objet qui nous convienne à tous les deux , mais qui soit plus à la convenance de l'un que de l'autre, on le donnera à celui auquel il conviendra le mieux, et, on donnera à l'antre une compensation de même genre. » Je suppose qu'il avait en vue quelque chose de relatif aux firontières ou aux territoires, car il ajouta: c Nous siégerons avec des cartes à la main , et , par ce moyen , nous verrons notre chemin plus facilement » J'appris de lui que l'expédition contre Providence avait mis à la voile , mais qu'on n'avait pas encore reçu de nouvelles. A notre sortie , il prit la peine d'ouvrir lui-même les deux battants de la porte ; ce qui, dans ce pays, est une grande politesse, et il dit qu'il viendrait nous rendre ses devoirs et fixer un jour pour nous avoir à diner. Tai dîné à son hôtel avec M. Jay et une société d'Américains.
Dimanche l^^juiOU. M. Groiville est venu chex moi.
DE BENJAMIN FRANKLIN. 109i
Ici s'arrête le journal de Franklin. Sa mauvaise santé fut la cause de cette interruption. Nous reprenons la correspondance, nous y trouverons heureusement l'histoire da traité.