A THOMAS JEFFERSON
liùs Solliciteurs en France,
Passy, 23 novembre 1784, Cher monsieur,
Les gens de ce pays sont tellement habitués à voir que tout se fait par soUicitation, ou, conune ils disent j par protection, et que rien ne se fait autrement, qu'ils ont peine à comprendre qu'on puisse obtenir le payement même d'une juste dette, sans avoir l'appui des gens qu'ils supposent assez influents pour soutenir et fortifier leurs prétentions. Nous supposerions naturellement que le moment de demander cet appui ne peut venir qu'après une demande régulière, suivie d'un déni de justice; mais ici on court après vous avec des notes et des mémoires avant môme d'avoir présenté un compte au débiteur. C'est ainsi que les créanciers non-seulement d'un État d'Amérique, mais d'un simple marchand fatiguent de leurs pétitions les ministres de France, aussi bien que ceux d'Amérique, requiérant assistance et protection pour qu'on fasse attention à leurs affaires, quand il n'est pas démontré que leur demande ait été rejetée, ni môme qu'elle ait été présentée là où elle doit Tôtre.
Je prends la liberté de vous soumettre les papiers ci-in« dus ; si vous connaissez l'affaire, si vous pouviez donner au pauvre homme quelque espoir ou quelque conseil, soyez assez bon pour m'en instruire, afin que je puisse mettre votre réponse dans la mienne. Avec une grande et sincère estime, etc. B. F.