A MATHON DE LA COUR
Passy, 9 juillet 1785.
Monsieur,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au nom de l'Académie de Lyon. J'accepte avec reconnaissance le titre * dont cette savante société a la bonté de m'honorer. Il y longtemps que je connais ses utiles travaux; j'aurais été heureux de vivre et de m'instruire auprès d'elle. Mais, à la veille de mon départ pour l'Amérique, il me faut ajouter ce nouveau regret à tous ceux que la bonté des Français éveille dans mon cœur. Je n'oublierai jamais ce que je leur dois, et encore moins ce que je dois à votre Académie, aux membres de laquelle je vous prie de faire agréer l'hommage de ma reconnaissance.
Je vous remercie de votre Dissertation sur les lois de Lycur^'ue et de votre Testament de Fortuné Ricard, Je connaissais déjà ce dernier ouvrage. Je l'ai lu avec plaisir ; il m'a donné une haute idée de son auteur. Je viens de lire votre Dissertation. Si mon approbation pouvait ajouter quelque chose à celle de la célèbre Académie qui vous a décerné le prix, je vous dirais que cette lecture m'a fort intéressé, et que je regrette de n'avoir d'autre prix à
1. Franklin avait été nommé à l'unanimité associé de TAcadémie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon.
vous offrir que les sentiments d'estime et de respect avec lesquels, monsieur, je suis, etc., B. F.