‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 88 sur 138 · Â GEORGE WASHINGTON · texte numérisé non relu

 GEORGE WASHINGTON

Boudon le sculpteur,

Philadelphie, 20 septembre 1785.

J'arrive d'un pays oh la réputation du général Washington est immense, où chacun désire le voir en personne; mais comme on dit aux Français qu'il est peu probable que jamais ils reçoivent sa visite, ils espèrent au moins obtenir une vivante image de sa personne par M. Houdon, leur plus habile statuaire. M. Houdon est convenu avec M. JeHerson et moi, de venir en Amérique, faire un buste pour exécuter ensuite la statue destinée à l'État de Virginie. M. Houdon est ici avec moi ; mais les matériaux et les instruments qu'il faisait venir de Paris, par la Seine, n'étant point encore arrivés au Havre quand nous mimes à la voile, il s'est vu forcé de les laisser en France : il est maintenant occupé à se fournir ici de ce qull lui faut. Dès qu'il aura fini, il se propose d'aller vous saluer en Virginie, sachant qu il n'est pas probable que vous veniez à Philadelphie ; j'eusse été cependant bien heureux de trouver cette occasion de vous féliciter de vive voix du succès qui a

soient remis au Congrès par les ministres qui les ont reçus. En Europe ces cadeaux sont la propriété du ministre. Franklir garda néanmoins ce portrait^ puisqu'il en disposa dans son tes-« tament.

couronné les longs et pénibles services que vous avez rendos à votre patrie, et qui nous ont imposé à tous des obligations éternelles.

Je suis avec le respect le plus profond et l'estime la plus sincère, cher monsieur, votre, etc. B. F.

A M. ET BiADAME JAT.

Philadelphie, 21 septembre 1783.

Ghers amis,

J'ai reçu votre aimable lettre du 16, qui contient des félicitations sur mon heureuse arrivée avec mes petits- fils; cet événement me rend vraiment heureux, car c'est ce que j'ai longtemps et ardemment désiré, ce dont je commençais à désespérer, en voyant augmenter les infirmités de l'âge. Je suis maintenant au sein de ma famille, et j'y trouve quatre nouveaux petits babillards qui grimpent après les genoux de leur grand-papa et me donnent un grand plaisir. L'accueil affectueux que j'ai reçu de mes concitoyens a surpassé de beaucoup mon attente.

J'ai très-bien supporté mon voyage, je trouve môme qu'il m'a fait du bien; j'ai donc toute raison de m'applaudir de l'avoir entrepris et achevé. Quand j*étais à Passy, je ne pouvais supporter la voiture; les difficultés et l'ennui de la navigation sur la Seine, pendant une saison aussi sèche, m'ayant détourné de mon projet de la descendre en bateau, j'ai accepté l'offre qu'on m'a faite d'une des litières du roi, portée par de fortes mules, qui malgré la lenteur de leur pas, m'ont fort bien mené jusqu'au Havre. De là j'ai passé en paquebot à Southampton, otij'ai attendu quatre jours que le bâtiment vint me prendre à Spithead. Plusieurs de mes amis de Londres sont venus me voir, et, entre autres, le bon évéque de Saint-Asaph

et sa famille, qui sont restés avec moi jusqu'au dernier moment. Enfin je me porte maintenant assez bien pour croire que je pourrai avoir le plaisir de vous voir encore une fois tous les deux à New-York, ainsi que mes chers jeunes amis (qui, j'espère, ne m'auront pas entièrement oublié). Je présume que je pourrai supporter une voiture douce, sur la route sablonneuse de Burlington à Amboy ; le reste du chemin se fait par eau.

Je me réjouis d'apprendre que vous continuez à vous bien porter, et je suis avec une véritable affection, votre, etc. B. F*

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