‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 98 sur 138 · V. sup. p · texte numérisé non relu

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coûtent toujours plus cher que le commerce ne peut rapporter. Tirez le meilleur parti de vos avantages naturels, au lieu d'essayer de porter atteinte à ceux des autres nations, et il n'est pas douteux que vous pourrez encore prospérer et grandir. Commencer à ne plus considérer la France comme un ennemi naturel, c'est une marque que le bon sens de la nation est en progrès ; la postérité en aura le bénéfice, car les guerres devenant plus rares, l'im* pôt diminuera, et la richesse augmentera.

Vous trouvez très-impolitique de notre part d'avoir repoussé les réfugiés*; je ne vois pas qu'ils nous manquent, ni que personne regrette leur absence. Certainement ils doivent être plus heureux là où ils sont, sous le gouvernement qu'ils admirent ; ils doivent être mieux accueillis chez un peuple dont ils ont épousé la querelle, que parmi des gens qui ne peuvent avoir oublié sitôt la destruction de leurs habitations, le meurtre de leurs proches et de leurs amis les plus chers.

Je pense souvent avec grand plaisir aux jours heureux que j'ai passés en Angleterre au milieu de nos savants et ingénieux amis. Ils nous ont quittés pour se réunir à la majorité dans le monde des esprits. Chacun d'eux en sait maintenant plus que nous tous, qu'on a laissés en arrière. Puisque nous vivrons éternellement dans un autre monde, j'ai cette idée consolante que nous trouverons un fonds d'amusement inépuisable, en apprenant toujours quelque chose de nouveau dans l'éternité ; car l'humaine ignorance excède infiniment la science humaine.

Adieu» mon cher ami; dans quelque monde que ce soit, croyez que je serai toujours votre tout dévoué,

B. Franklin,

dans sa qaatre-Tingt^deazième année.

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