‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 11 sur 115 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Arrivée à Londres. — Ses amis, Collinson,Strahan,Shirley, Musschenbroek, miss Stevenson. — Maladie de Franklin. — Lettres à sa femme.

Franklin, débarqué à Falmoulh après la traversée dont il nous a conté les dangers, se mit en route pour Londres, où il arriva le 26 juillet 1757. Il y lut reçu par son excellent ami et correspondant Pierre Collinson, membre de la Société royale; ce fut chez lui qu'il descendit.

Une des premières visites de Franklin fut pour la vieille imprimerie de Lincoln 's Inn Fields, où il avait travaillé autrefois. Il s'approcha d'une presse et dit aux deux ouvriers qui la servaient : « Mes amis, buvons ensemble; il y a près de quarante ans que je travaillais à cette place, ouvrier comme vous, » Il fit apporter un gallon de bière et porta un toast : A la prospérité de

l'Imprimerie!1. Il avait oublié qu'autrefois il proscrivait la bière et ceux qui la buvaient.

Quelques jours plus tard, il se logea chez mistriss Stevenson, au n° 7 de Craven-street, à quelques pas du Strand. La maison de mistriss Marguerite Stevenson lui avait été recommandée par des amis de Pensylvanie qui y avaient logé, et il se trouva si bien des soins et des prévenances de mistriss Stevenson et de sa fille Marie, plus tard mistriss Hewson, qu'il ne quitta point cette demeure pendant sa résidence à Londres, résidence qui ne dura pas moins de quinze ans. Miss Mary Stevenson était une jeune personne de dix-huit ans, qui à un esprit très-fin joignait un grand amour pour l'étude. Franklin se prit pour elle d'une affection paternelle, et se plut à diriger les études et les lectures de cette fille d'adoption. Le nom de Mary Stevenson reviendra souvent dans la correspondance ; c'est pour répondre aux questions qu'elle lui adressait que Franklin a écrit quelques-uns de ses meilleurs morceaux.

Franklin arrivait à Londres comme agent de la Pensylvanie, pour défendre les droits de la colonie contre les prétentions des lords propriétaires; mais sa réputation comme physicien et comme écrivain l'avait précédé en Angleterre. Il y avait déjà dix ans que ses brillantes découvertes sur l'électricité l'avaient fait connaître au monde. La France, la première, avait rendu justice à son mérite ; la Société royale de Londres se l'était associé ; ce n'était donc pas un étranger et il eut bientôt de nombreux amis en ÀDgleterre et sur le conti-

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