‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 12 sur 115 · Mémoires de Franklin par son petit-fils · texte numérisé non relu

Mémoires de Franklin par son petit-fils

nent1. Parmi ces amis, il faut citer au premier rang le fidèle Collinson, Strahan qui fut plus tard imprimeur du Roi et membre du Parlement, et Shirley, ex-gouverneur du Massachussetts, avec qui Franklin avait été lié en Amérique. On voit que ses principaux amis étaient des savants; les études naturelles étaient sa passion véritable ; il était politique par devoir et physicien par vocation.

A peine arrivé à Londres, il fut pris d'une maladie violente qui le tint au lit près de deux mois.

1 . Une lettre du célèbre Musschenbroek nous montre en quelle estime on tenait Franklin sur le continent.

VlRO NOBIL1SSIMO AMPLISSIMOQUE BENJAMINI FRANKLIN

S. P. D. P. V. Musschenbroek.

Vir reverendus, qui se ministerio evangelico fungi profitebatur, me tuo nomine rogavit, ut indicarem auctoresqui de Electricitate scripserunt, mihi que erant cogniti. Votistuis libenter annui; ita addisces quid alii in PJuropa praestiterunt eruditi, sed simul videbis neminem magis recondita mysteria Electricitatis detexisse Franklino.

Utinam modo pergas proprio Marte capere expérimenta, et aliâ incedere via quam Europaei incesserunt, nam tum plura et alia deteges, quae seculorum spatio laterent philosophos. Aer Pensylvanicus videtur esse electricitatis plenissimus ; sed attende an per totum anni curriculum, an interdum pauperior sit; quibus anni diebus , quo fiante vento, qua cœli constitutione; distingue nubes electricitatis plenas aut expertes, uti volante in altum serico incepisti detegere? omnium primus .

Opto similia perpulcra inventa légère Pensylvanica , ac scripsisti in litteris ad expertissimum virum Collinsonum ; si que mecum qusedam communicare digneris, tecumalia communicabo, nam meus scopus est scientiam physicam et naturalem promovere, quamdiu vivam.

Tu sis amicissime salutatus a tui benevolentissimo cultore, et nié,

Leydœ 15° Aprilis. 1759.

A MISTRISS DEBORAH FRANKLIN

Longue maladie de Franklin,

Londres, 22 novembre J 757-

Pendant ma maladie, qui a duré près de huit semaines, je vous ai écrit quelques petites lettres, autant que mes forces me le permettaient. La dernière est partie avec le paquebot de Falmouth, il y a environ huit jours. Je vous y disais que la fièvre intermittente, qui m'a harassé par de fréquentes rechutes, avait enfin disparu ; depuis lors, je ne cesse pas de reprendre des forces et de l'embonpoint. Fothergill , mon docteur, qui m'avait défendu l'usage de la plume et de l'encre, me permet maintenant d'écrire autant que je pourrai le faire sans trop me fatiguer; je vais donc vous écrire avec plus de détail que je n'ai pu le faire jusqu'à présent.

Le 2 septembre, je vous ai écrit que j'avais eu un rhume violent, et un peu de fièvre, mais que j'en étais délivré. Mais bientôt j'ai eu un second rhume, qui a duré plus longtemps que le premier, et qui a été accompagné d'une grande douleur à la tête. Le sommet du crâne était brûlant, et quand la douleur était passée, il était douloureux et sensible. Les accès étaient inégaux, ils ont duré rarement moins de douze heures, et il en est un qui n'a pas duré moins de trente-six heures. Gela m'a donné par moment un peu de délire ; on m'a mis des ventouses derrière la tête, ce qui semblait me soulager sur l'instant. J'ai pris une grande quantité de quinquina, en poudre et en infusion ; me croyant trop tôt rétabli , j'ai par deux fois essayé de m'occuper un peu, et de faire le service pour lequel on m'envoie ici ; deux fois j'ai été repris par la toux et je suis retombé malade.

Mon bon docteur s'est mis fort en colère après moi, à cause de ma désobéissance, et m'a fait promettre plus de docilité pour l'avenir. Il m'a soigné avec une véritable affection, et la bonne dame de la maison1 m'a gardé avec une grande bonté. Billy2 m'a été fort utile en allant de place en place, et Pierre a été très- actif et trèsattentif.

J'avais pris tant de quinquina, sous diverses formes, que je commençais à l'avoir en horreur. Je n'osais pas prendre un vomitif par peur de ma tête, mais, un matin, je fus saisi d'un vomissement et d'une purgation qui dura k plus grande partie du jour; ce fut, je crois, une crise qui emporta la maladie, car depuis lors je me sens plus léger, et je reprends des forces chaque jour. J'espère donc que me voici acclimaté et que j'aurai meilleure santé durant le reste de mon séjour en Angleterre.

.... Les affaires du gouverneur Shirley sont encore dans un état incertain; il essaie d'obtenir une enquête sur sa conduite, mais la confusion des affaires publiques fait tout ajourner. Nous nous faisons de fréquentes visites. Je ne doute pas que mes ennemis ne répandent des bruits à mon désavantage ; ne vous en laissez pas troubler. Si je vois que je ne puis faire aucun bien à mon pays, j'aurai soin du moins de ne lui faire aucun mal ; je ne demande ni ne veux rien pour moi ; et s'il ne m'est pas donné d'obtenir ce que veut et désire le peuple, aucun intérêt ne m'engagera à trahir la confiance qu'on a mise en moi; ainsi donc, tranquillisez-vous sur ce point.

.... M. Ralph m'a remis vos lettres fort obligeamment; il est ici fort respecté des gens comme il faut. Je vous remercie de m'avoir envoyé le journal de mon frère Johnny ; j'espère qu'il se porte bien, ainsi que la sœur Read et les

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