Londres, 5 mars
qui est sensé, ingénieux, laborieux, et qui ferait un parti désirable. De ce côté, nulle objection. M. Strahan est dans une situation à mettre de côté chaque année mille livres sterling, tous frais de maison et toutes dépenses payés. Néanmoins, je lui ai donné deux raisons qui m'empêchent de m'établir ici: Tune, c'est mon amour pour laPensylvanie, les vieilles amitiés et les liaisons que j'ai là-bas; l'autre est votre invincible aversion à passer les mers. Et si vous ne venez ici, puis-je penser à mettre une pareille distance entre ma fille et moi? Je Pai donc remercié de son aimable proposition, mais je ne lui ai pas donné l'espoir que je vous enverrais ses lettres. Vous êtes donc libre de lui répondre ou non, suivant que vous le jugerez convenable. Faites-moi toutefois connaître votre opinion. Ne montrez la lettre à Sallyque si vous le jugez à propos. »
Il n'est pas douteux qu'au point de vue de la fortune, Franklin eût gagné à suivre l'avis de M. Strahan , mais il avait des motifs plus élevés, et l'événement prouva qu'il avait pris le meilleur parti1. La Providence lui destinait un plus grand rôle que celui d'imprimeur à Londres : elle lui réservait l'honneur d'affranchir son pays.
Revenons en arrière. Voici les principales lettres écrites dans les années 1760-1762 :