Mme Read, sa belle-mère
de tout cœur dans ce projet d'expédition *; mais je ne vois pas, aussi clairement, que les autres membres de l'administration s'y soient engagés sérieusement. Le duc deNewcastle donna l'ordre de lever des troupes dans les colonies, et promit d'envoyer des brevets pour les officiers, des armes et des uniformes pour les soldats, mais, cet ordre donné, il est certain que nous n'eûmes pas un mot du duc dans les dix-huit mois qui suivirent. Durant tout ce temps, l'armée resta à Albany sans rien faire, faute d'ordres et de munitions. On finit par penser que si jamais il y avait eu un projet d'expédition, la multitude des affaires en Angleterre avait fait oublier le premier dessein et les ordres donnés.
Je ne suis pas peu charmé d'apprendre le changement de vos sentiments sur quelques points qui touchent l'Amérique. Je pense qu'il est d'une grande importance pour nous que le peuple anglais ait des idées justes à notre endroit, et je ne connais personne qui soit plus à même que M. Hume de rectifier ces idées. J'ai lu dernièrement aveG grand plaisir, comme je fais toujours de ce que vous écrivez, l'excellent essai sur la jalousie du commerce. Il ne peut produire qu'un bon effet en favorisant un certain intérêt auquel les égoïstes ne pensent guère, et dont ils parlent encore moins, aussi à peine a-t-il un nom, je veux dire Yintérêt de l'humanité, ou le bien commun de tous les hommes. J'espère que cet Essai affaiblira, dans les limites de la raison, la jalousie qui règne ici, au sujet du commerce que font les colonies.
Je vous remercie des avis amicaux que vous me donnez sur certains mots employés dans le pamphlet et qui ne sont pas de l'usage ordinaire. Ces avis me seront utiles. J'abandonne, comme étant mauvais, le pejorate (empirer) et le colonize (coloniser), puisque ces mots ne sont point reçus ici. Quand on écrit pour persuader et pour instruire, on ne