‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 4 sur 115 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

Franklin, causant avec ses amis, épanche les trésors de son bon sens et de son esprit; je ne connais pas de lecture plus amusante et plus morale que ces pages écrites sans prétention, au jour le jour, par un homme qui a beaucoup vu et beaucoup retenu. Franklin est un vrai sage, la vie lui enseigne à vivre, et volontiers il fait part de son expérience à ses compagnons de route, jeunes ou vieux. Il a l'indulgence d'un vieillard, et la vivacité d'un jeune homme ; il ne connaît ni l'ennui ni le dégoût. Toujours prêt à accepter la lutte avec les hommes ou avec les choses, il a l'âme aussi saine que le corps. Il y a en lui je ne sais quoi de viril et de gai qui donne du courage aux plus timides et de l'énergie aux plus indolents.

Franklin avait tant d'esprit qu'on lui a souvent refusé de la sensibilité. Nous avons des idées toutes faites, qui ne nous permettent pas de croire qu'esprit et bonté marchent de compagnie. Et Dieu sai cependant si la bonté est l'apanage des sots ! La correspondance de Franklin nous corrigera de ce préjugé. Qu'on lise les lettres qu'il écrit à ses vieux amis de h junte, à sa sœur Jane Mecom, à sa femme et à sa fille, qu'on lise surtout les lettres adressées à miss Mary Stevenson, plus tard mistress Hewson, on verra si le malicieux bonhomme avait le cœur aussi

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