‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 45 sur 115 · Lettre au docteur Tucker, Works of Franklin. IV, p · texte numérisé non relu

Lettre au docteur Tucker, Works of Franklin. IV, p

daient les formes légales, le peuple menaçait les directeurs de timbre et les forçait à résigner leur commission. Le papier timbré était repoussé comme un poison; on ne voulait pas que le sol américain fût souillé par cette marque de servitude, et en plusieurs ports il fut impossible de le débarquer; il fallut le renvoyer en Angleterre sur les vaisseaux mêmes qui l'avaient apporté.

Franklin ne fut pas épargné par ses commettants. Tandis que M. John Hughes était obligé de se faire garder jour et nuit dans sa maison, victime de l'intérêt que lui avait porté un vieil ami, on affichait à Philadelphie une caricature qui représentait le diable soufflant à l'oreille de Franklin les mots suivants : « Ben, tu seras mon agent dans tous mes domaines, » et au bas quatre vers qui disaient: « Il n'a pensé qu'à bâtir des châteaux et amasser des écus. Vendre à beaux deniers le public, c'est l'esprit de celui qui n'a jamais pu vivre de son bien1. »

Il y eut même un moment où la maison de Franklin fut menacée. William, le gouverneur de New-Jersey, accourut au secours de sa famille; mais la vaillante Deborah ne voulut pas quitter son foyer, et se contenta d'envoyer sa fille à Burlington.

« Pendant neuf jours, écrivait-elle à son mari, tout le monde m'a pressée de partir, et on a conseillé à Sally d'aller à Burlington pour être en sûreté. Le cousin Davenport est venu et m'a dit que plus de vingt personnes lui avaient répété que son devoir était de rester avec moi. Je

Page 1