‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 56 sur 115 · Je laisse ce mot tel qu'il a été forgé par Franklin · texte numérisé non relu

Je laisse ce mot tel qu'il a été forgé par Franklin

primer la province à son bon plaisir, etc. Mais on suppose que dans le fond il y a une autre raison que l'assemblée indique sans l'exprimer nettement, c'est que cette charge a le caractère d'une taxe intérieure mise sur la colonie par le Parlement qui n'a point le droit de le faire. Ici ce refus est appelé rébellion , et on songe à un châtiment.

Maintenant, en écartant le point de droit, en supposant que les législatures américaines soient subordonnées à la législature de la Grande-Bretagne, on pourrait comprendre que le pouvoir supérieur ait la faculté de défendre au pouvoir inférieur de faire certaines lois. Mais qu'il lui ordonne de faire une loi, lorsque celle-ci est contraire à son sentiment, cela semble étrange. Une assemblée, un Parlement, n'est pas un agent exécutif, dont le devoir, en faisant des lois, est d'obéir aux ordres du gouvernement; c'est un corps délibératif, qui examine ce qui vient devant lui, en pèse la convenance et la possibilité, et se détermine en conséquence. Supposer que par la loi d'un Parlement supérieur, une assemblée puisse être obligée et contrainte de faire une loi contraire à son propre jugement, c'est anéantir la nature et l'idée même d'un Parlement.

De fait, l'acte en question n'a établi ni une peine pour la négligence ou la désobéissance, ni une procédure pourfaire prononcer la peine; ce que l'on trouve toujours dans les lois qui imposent une obligation. Il semble donc aux Américains que cet acte n'est qu'une simple réquisition, qu'ils sont libres d'accueillir ou non, suivant la différente situation des provinces. La Pensylvanie a volontairement obéi; New- York, je vous l'ai dit, a refusé. Le ministère qui a fait la loi*, et tous ses adhérents, crient vengeance. Le ministère actuel est embarrassé, on ne sait pas encore à quelles mesures il veut s'arrêter. Mais je suis sûr que si on emploie la force, il s'en suivra de grands

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