‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 86 sur 115 · A JOHN BARTRAM · texte numérisé non relu

A JOHN BARTRAM

Londres, 17 juillet 1771, Mon vieil et bon ami,

J'ai reçu votre bonne lettre du 29 avril, où vous vous plaignez que vos amis d'Angleterre ne vous écrivent point. Je vous avais écrit le 20 du même mois une lettre qui doit être depuis longtemps dans vos mains , mais j'avoue que j'aurais dû vous écrire plus tôt pour vous accuser la réception de la boîte de graines, dont je vous suis fort obligé. Quant à votre pension, il n'y a pas la moindre raison de craindre qu'on l'ait supprimée. Je ne sais pas quelle est la personne qui touche pour vous , autrement je la presserais de vous écrire. Mais, sous le règne du présent roi, il n'y a pas d'exemple d'une pension supprimée, sinon pour quelque grand délit. Autant que je puis le savoir, Young n'est nullement estimé ici.

Je souhaite à votre fille bon succès avec ses vers à soie. Je suis persuadé que pour produire de la soie rien ne manque à notre pays que de l'habileté ; nous l'obtiendrons en persévérant jusqu'à ce que l'expérience nous ait instruits.

Vous vous plaignez que votre vue baisse. Peut-être n'avez-vous pas de lunettes qui vous conviennent, et il n'est pas aisé de s'en procurer là-bas. Trop rarement aussi, quand on achète des verres, prend-on le temps de les choisir avec soin , et si les yeux n'ont pas le numéro qui leur convient, ils en souffrent. Je vous envoie donc une série complète, depuis le numéro un jusqu'au numéro treize, afin que vous puissiez les essayer à votre aise.

Quand vous aurez trouvé celui qui vous convient, gardez les numéros plus élevés pour en user plus tard quand vos yeux vieilliront ; et avec les numéros inférieurs, qui vont à des yeux plus jeunes, obligez quelques-uns de vos amis Mes amitiés à la bonne mistriss Bartram et à vos enfants* Je suis, comme toujours, votre fidèle ami et serviteur,

P. S. Recherches faites, j'apprends que votre pension continue et sera payée régulièrement, à chaque échéance, entre les mains de la personne à qui vous donnerez pouvoir de toucher pour vous.

A MISTRISS DEBORAH FRANKLIN

Visite à Vévéque de Saint-Asaph.

Londres, 14 août 1771.

Ma chère enfant,

.... J'ai passé trois semaines dans le Hampshire, chez mon ami, l'évêque de Saint-Asaph. Sa femme sait combien j'ai d'enfants et de petits- enfants, et quel est leur âge; aussi, comme j'allais partir le lundi 12 au matin, elle insista pour me garder un jour de plus , afin que nous pussions fêter ensemble l'anniversaire de mon petit-fils, A dîner, parmi d'autres jolies choses, il y avait une ile flottante1, ce qu'ils ont toujours à l'anniversaire de leurs enfants ; ils en ont six, qui tous, hormis un seul, étaient à table ; il y avait aussi la veuve d'un pasteur, une dame âgée de plus de cent ans. Le toast de joie a été master Benjamin Bâche2. Ce fut la vénérable vieille dame qui la

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