Robert Charles, JuriMonsulte distfai^é, avait éU^ duxvLt
question de savoir jusqu'à quel point nos privilèges seraient affectés en cas d'un changement de gouvernement, qui nous mettrait sous l'autorité immédiate de la couronne. Je vous envoie une copie de cet exposé, avec l'opinion de notre avocat; il passe pour l'homme qui connaît le mieux nos affaires et nos constitutions d'Amérique, aussi bien que les lois qui règlent toutes ces questions de gouvernement. Comme il connaît àfond les vues du Bureau de Commerce*^ les idées et les liaisons des membres qui le composent, il m'a donné en ami quelques conseils de prudence et les a consignés sur une feuille séparée, ne voulant pas que ces conseils fussent vus là où ira nécessairement son opinion légale. Je vous envoie aussi une copie de cet avis particulier, et serai charmé d'avoir vos sentiments à ce sujet.
Il est une chose qu'il nous recommande de faire, avant de pousser notre pointe devant le Parlement, c'est de diS' siper les préjugés que l'artifice et le hasard ont répandus parmi le peuple contre nous; c'est de gagner V opinion du dehors. Gela, je pense que nous pouvons le faire, au moyen d'un ouvrage qui sera bientôt prêta imprimer, et qui est calculé pour attirer l'attention des lecteurs, et effacer les mauvaises impressions qu'on lui à données à notre endroit, mais on croit qu'il vaut mieux en retarder la publication jusque vers l'ouverture de la prochaine session du Parlement.
Le livre dont parle Franklin est la Revue historique de la constitutioTh et du gouvernement de Pensylvanie^
plusieurs années, agent en Angleterre de l'assemblée de Pensyl-
vanie.
1 . C'est ce bureau qui avait Tadministration des affaires colo* niiles.
pamphlet anonyme qui fit grandbruitàson apparition, au commencement de Tannée 1759. C'était une attaque des plus vives contre William Penn, le fondateur de la colonie, et contre ses descendants. On les accusait de s'être fait une trop laige part, et de s'être attribué des terres et des privilèges au préjudice des planteurs. Le livre portait pour épigraphe les mots suivants : « Ceux qui, pour acheter un moment de sécurité, sont disposés à abandonner la liberté, ne méritent ni liberté ni sécurité. »
Quel était l'auteur de ce pamphlet? L'opinion désigna Franklin, et, suivant l'usage, les Propriétaires le firent déchirer dans tous les journaux dont ils disposaient. Cela était plus facile que de le réfuter. Franklin ne fit rien pour désavouer cette paternité. Il n'est pas douteux qu'il avait fourni une grande partie des matériaux, et que le pamphlet avait été écrit, imprimé et publié sous sa direction. Mais nous savons aujourd'hui, par son aveu même, qu'il n'en était pas le rédacteur^. On suppose que ce fut Ralph, son ancien ami, qui écrivit sous son inspiration. La question a, du reste, peu d'importance, et c'est avec raison qu'on a compris ce pamphlet dans les œuvres complètes de Franklin.
L'année 1758 n'amena aucun changement dans les affaires qui avaient conduit Franklin à Londres; il passa une grande partie de l'été à voyager en Angleterre» et se plut à visiter le lieu où son père était né, où ses ancêtres avaient vécu. Il retrouva une grande partie de sa famille ; la plupart de ses parents étaient