‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 15 sur 86 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Franklin conseille la conquête du Canada. -* Voyage en Ecosse. — Lord Rames, Robertson, Hume. — Sa mission se termine heureusement. — Son fils est nonmiô gouverneur de New-Jersey. — Retour en Amérique.

Parmi les idées qui occupaient l'esprit de Franklin, il n'en était pas de plus arrêtée que la grandeur future de rAmériqne. Son âme était pleine d'espérance ; pour luiy il n'était pas douteux que ce vaste continent serait on jour le siège d'un grand empire, et son plus vif désir était que cet empire appartint à la race anglaise.

Dès son arrivée en Angleterre, il avait essayé de voir M. Pitt, alors premier ministre ; mais Pitt était inaccessible pour un homme alors aussi pea connu en politique que l'agent de Pensylvanie. Fraftlin fut cependant mis en rapport avec les secrétaires du ministre ; on pense que c'est d*aprë8 ses conseils que Pitt porta la guerre en Amérique, et envoya le général Wolfe an Canada. Chasser les Fran^iia dsx ^^Dtà&Kc^.

où ils étaient entrés les premiers, et dont ils possédaient nominalement la plus grande partie, c'était la politique de Franklin. Il né réussit que trop à convaincre de son excellence un ministre qui avait au cœur la haine du nom français. Il est singulier que Franklin ait donné ridée d'annexer le Canada aux possessions anglaises, que cette annexion ait été en réalité le premier acte d'un drame qui eut pour dénoftment l'indépendance américaine, et que dans ce drame, au début comme à la fin, Franklin ait joué un des premiers rôles. En 1753, il ne prévoyait guère un pareil avenir et était tout aussi anglais que M. Pitt^.

Franklin passa Tété de 1753 à visiter l'Ecosse, en compagnie de son fils. Sa réputation de savant l'avait précédé dans ce pays, amoureux de la science et des lettres, l'université de Saint-Andrew venait de le nommer docteur en droit. Un peu plus tard, les universités d'Edimbourg et d'Oxford lui firent le même honneur; et ce ne fat pas sans un peu de vanité, bien naturelle, que ràncien imprimeur se laissa dès lors appeler le docteur Franklin^.

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