‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 21 sur 86 · A DAVID HUME · texte numérisé non relu

A DAVID HUME

La Revue Historique de la Constitution de Pemylvanie. •— L'expédition du Canada. — LEssai sur la jalousie du cornmeree. — De l'emploi de nouveaux mots.

Coventry, 27 septembre 1760.

Cher monsieur,

J^jjai tardé trop longtemps à répondre à votre aimable let&e ; c'est une faute que je n'essaierai pas d'excuser , j'aime mieux compter sur votre bonté et votre indulgence si je suis plus exact à l'avenit)

Je vous suis obligé des sentiments favorables que vous exprimez sur les écrits que je vous ai envoyés, quoique le volume qui concerne nos affaires de Pensyîvanie n'ait pas été écrit par moi. Je n'y ai eu d'autre part que de fournir les remarques sur la valeur que le Propriétaire attribue à ses domaines, et quelques rapports et messages de l'assemblée que j'ai rédigés là-bas, comme membre du comité chargé de ce service par la Chambre. Le reste est d'une autre main.

Ce que vous dites me prouve que le duc de Bedf ord était

Z Mme Read, sa belle-mère.

de tout cœtir dans ce projet d'expédition '; mais je ne vois pas, aussi clairement, que les autres membres de Padministrations'y soient engagés sérieusement. Le due deNewcastle donna Tordre de lever des troupes dans les colonies, et promit d'envoyer des brevets pour les officiers, des armes et des uniformes pour les soldats, inais, cet ordre donné, il est certain que nous n'eûmes pas un mot du duc dans les dix-huit mois qui suivirent. Durant tout ce temps, l'armée resta à Albany sans rien faire, faute d'ordres et de munitions. On finit par penser que si jamais il y avait eu un projet d'expédition, la multitude des affaires en Angleterre avait fait oublier le premier dessein et les ordres donnés.

Je ne suis pas peu charmé d'apprendre le changement de vos sentiments sur quelques points qui touchent l'Ame" rique. Je pense qu'il est d'une grande importance pour nous que le peuple anglais ait des idées justes à notre endroit, et je ne connais personne qui soit plus à môme que M. Hume de rectifier ces idées. J'ai lu dernièrement aveo grand plaisir, comme je fais toujours de ce que vous écrivez, l'excellent essai sur la jalousie du commerce. Il ne peut produire qu'un bon effet en favorisant un certain intérêt auquel les égoïstes ne pensent guère, et dont ils parlent encore moins, aussi à peine a-t-il un nom, je veux dire Vintérét de Vhumanitéf ou le bien commun de tous les hommes. J'espère que cet Essai affaiblira, dans les limites de la raison, la jalousie qui règne ici,ausi;getducommerce que font les colonies.

Je vous remercie des avis amicaux que vous me donnez sur certains mots employés dans le pamphlet et qui ne sont pas de l'usage ordinaire. Ces avis me seront utiles. J'abandonnci comme étant mauvais, le pejorate (empirer) et le coUmize (coloniser), puisque ces mots ne sont point reçus ici. Quand on écrit pour persuader et pour instruire, on ne

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