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continuellement répandu sur moi ses faveurs, et dont les châtiments même ont été pour moi des bienfaits, puis-je douter qu'il m*aime? Et s'il m'aime, puis-je douter qu'il continuera à prendre soin de moi , non-seulement ici-bas, mais ailleurs. Que ceci paraisse de la présomption à certaines personnes, pour moi cela me parait l'espérance la mieux fondée; c'est le passé qui me répond de l'avenir.
Ce que je sais de vos derniers travaux me fait croire que le voyage vous a rendu la santé; cela me fait plaisir. Mistriss Franklin vous présente son respect cordial, recevez-en autant de votre afifectionnô et humble serviteur,
P. S. Nous espérons que les cancans qu'on fait à Boston sur la prétendue insalubrité de Philadelphie ne vous détourneront pas de venir visiter les amis que vous avez en ce pays.
Le bon accord entre la famille Penn et la colonie ne fut pas de longue durée. Les désordres qui avaient suivi le massacre des Indiens de Lancastre avaient convaincu le gouverneur (c'était alors John Penn) et rassemblée de la nécessité d'organiser une milice qui protégeât les personnes et les biens contre une émeute imprévue. Franklin fut membre du comité chargé de préparer la loi sur la milice. On prit pour modèle la loi que Franklin avait proposée et fait passer au moment de la guerre contre le Canada. Les compagnies proposaient au gouverneur trois candidats pour chaque place de capitaine, lieutenant et enseigne. £t de même façon, les officiers des compagnies proposaient trois candidats pour chacun des grades supérieurs. Il y avait des amendes pour punir les délits militaires, et les dé-
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lisqaants étaient justiciables des juges et jurés; en d'autres termes, la juridiction était civile.
Le gouTemear Jolin Penn refusa d'accepter cette loi. Il voulait avoir seul la nomination des officiers^ il élevait le taux des amendes, demandait d^a cours max« tiales et punissait de mort certains délita*
L'Assemblée ne voulut pas même écouter des pré« tentitms ausn dangereuses pour la liberté. Mettre entr« les mains du gouverneur la fortune et la vie des oi£« ciers, cMtait changer toute la nature du gouvernement. Le bill ne fut donc pas amendé, et John Penn le re-o jeta. Franklin écrivit à ce sujet des Remarqy>es mr k bill de la milice^ adressées ofux citoyens de Pensykanie Elle parurent air mois de septembre 1764^, avec la si* gnature Veritas. Elleis ne contiennent rien de plu» que l'exposé des faits; mais la façon dont Tauteur in« sistait sur le privilège des Anglais de n'être jugés qu9 par un jury indigna les amis du gouvernement et v^dut à l'Assemblée des calomnies que la bassesse feule os» inventer y disait Franklin, e| que la faiblesse et figno^ rance seules f&ment croire. G'est encore là, par mal» heur, une trop belle majorité en tout pays.
Après la question des milices vint la question d'trgent. Nous avons vu que Franklin avait fait déddeif en Angleterre que les terres des Propriétaires seraient soumises à l'impôt commun. Mais il y avait unç clause assez obscure en ce qui touchait les terres non encore cultivées, et, sur ce point, les héritiers de Penn équivoquërent pour rejeter autant que possible le fardeau des taxes sur la colonie. Ces vexations épuisèrent la patience de l'Assemblée. Convaincue qu'il faudrait toujours lutter contre les intérêts particuliers des lords-
proprlétaîreSy l'Assemblée déclara que « la province ne pourrait jamais avoir de paix ni de bonheur, si le gonvernement n'était placé entre les mains du roi^ »
Après cette déclaration solennelle, TAssemblée s'ajourna avec l'intention avouée de consulter les électeurs sur l'opportunité d'adresser une pétition au roi pour le prier de se charger lui-même du gouvernement de la colonie, en indemnisant toutefois les Propriétaires.
Pendant cet ajournement, Franklin écrivit un pamphlet intitulé : Froides réflexions sur la situation des affaires publiques. Il s'y prononçait contre le gouvernement des Propriétaires et contre cet insolent veto qui intervient à chaque vote de l'Assemblée pour déclarer que si Von ne satisfait pas un intérêt particulier j rien ne sera fait. Les pouvoirs des Propriétaires sont pour lui des ressorts et des mouvements inutiles qui ne peuvent produire que des désordres dans la machine. Ge pamphlet éclaira et échauffa l'opinion. Quand l'Assemblée se réunit, elle reçut des pétitions signées de plus de trois mille habitants de la province. Toutes ces pétitions demandaient le gouvernement du roi.
Encouragée et soutenue par cette démonstration populaire, l'Assemblée résolut de s'adresser au roi. Ge fut Franklin qui rédigea la pétition. Les débats furent animés, mais le vote n'était pas douteux. Aussi le président, M. Norris, craignant de se compromettre, donna-t*il sa démission ; il fut remplacé par Franklin, qui signa, comme président, la pétition qu'il avait rédi« gée comme député.