‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 40 sur 86 · et 1/2 pour cent · texte numérisé non relu

et 1/2 pour cent

3, 12 et ï/2 pour cent.

Boumettrait à payer le droit du timbre, si ce droit était réduit?

K. Non, jamais; à moins qu'il n'y soit contraint par la force des armes.

32) D. Les impôts ne sont-ils pas répartis inégalement en Pensylvanie, afin de charger le commerce d'Angleterre, particulièrement en ce qui concerne la taxe sur les professions et les affaires?

H. Cet impôt n'est pas proportionnellement plus fort que l'impôt foncier. On veut et Ton suppose qu'il frappe sur un chiffre de bénéfices à peu près égal.

33) D. Gomment est composée l'Assemblée ? A quelle classe appartiennent ses membres? Sont<;e des propriétaires ou des commerçants?

R. Elle est composée de propriétaires, de marchands et d'artisans.

3^) D. Les propriétaires ne sont-ils pas en majorité? R. Je pense que oui.

35) B. Ne font-ils pas tout leur possible pour décharger les biens-fonds et rejeter la plus lourde charge sur le commerce?

R. Je n'ai jamais pensé qu'il en fût ainsi. Je n'ai jamais entendu prêter cette intention aux propriétaires. Et en vérité, une tentative de cette sorte n'aboutirait à rien. Toujours le commerçant ou le marchand s'entend en calcul, et raisonne avec sa plume et son encre. Si des droits trop lourds sont mis sur son commerce, il charge ses marchandises d'un prix additionnel, et les consommateurs, qui sont surtout des propriétaires, finissent toiyours par payer la plus grande partie, sinon la totalité des droits.

36) D. Quelles étaient les dispositions de l'Amérique à regard de la Grande-Bretagne, avant l'année 1763?

R. Les meilleures du monde. On se soumettait volontiers au gouvernement de la couronne, et l'on portait dans toutes les cours obéissance aux aA\Aft à».^v^^TSAiC!X«^^-

que nombreuse que fût la population dans les anciennes colonies, leur soumission ne vous coûtait rien en forts, citadelles, garnisons ou troupes. Vous les gouverniez d'ici« rien qu^au prix d'un peu d'encre, de plume et de papier; on les conduisait avec un fil. Elles avaient non-seulement du respect, mais de l'affection pour la Grande-Bretagne, pour ses lois, ses usages, ses mœurs, et même de la passion pour ses modes, ce qui ajoutait beaucoup au commerce. Les personnes nées en Grande-Bretagne étaient toujours traitées avec une considération particulière; être un homme de la vieille Angleterre était de soi-même un titre à quelque respect, et donnait une sorte de rang parmi nous.

37) D. Et quelles sont aujourd'hui les dispositions? R. Elles sont bien changées.

38) D. Avant des derniers temps , avez-vous jamais entendu mettre en question le droit du Parlement à faire des lois pour l'Amérique?

R. Le droit du Parlement était reconnu valide pour toutes les lois, sauf en ce qui eût touché l'établissement des taxes intérieures. On n'a jamais contesté le droit d'imposer des taxes pour régler le commerce.

39.) D. Dans quelle proportion la population a-t-elle augmenté en Amérique?

R. Je pense qu'en prenant ensemble toutes les provinces, le terme moyen est que la population double en vingt-cinq ans environ. Mais les demandes de produits anglais augmentent beaucoup plus vite, car la consommation ne se règle pas uniquement sur le nombre d'habitants, elle s'accroît avec les moyens de payer. En 1723, la somme des importations de la Grande-Bretagne en Pensylvanie ne montait guère qu'.à quinze mille livres sterling; elle est aujourd'hui de près d'un demi-million.

40.) D. De quel œil l'Amérique considérait-elle le Parlement de la Grande-Bretagne ?

R. Elle considérait le Parlement comme le boulevard et la garantie de ses libertés et privilèges, et toujours on en parlait avec respect et vénération. Des ministres, amis de Farbitraire, pensait-on, essayeront peut-être un jour de nous opprimer, mais on se fiait sur le Parlement, qui feiait justice quand on se plaindrait. Il y en avait un exemple éclatant qu'on se rappelait avec reconnaissance. Lorsqu'on présenta au Parlement un bill contenant une clause qui donnait aux instructions royales force de loi dans les colonies, la chambre des communes refusa de Tadmettre, et la mesure fut rejetée.

kl.) D. Et n'a-t-on pas encore le même respect pour le Parlement?

R. Non. Il est grandement diminué.

Page 1