‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 39 sur 86 · Le Canada, la nouvelle Ecosse, etc · texte numérisé non relu

Le Canada, la nouvelle Ecosse, etc

2. Une disposition de l'acte du timbre faisait supporter un double droit aux pièces écrites en toute autre langue qu'en anglais. Dans les idées du temps, c'était une façon de forcer les Allemands à s'assimiler plus vite aux Anglais. Aux Français du Canada on avait accordé un délai de cinq ang.

DE BENJAMIN FâANEUN. 109

22) D. Â combien évalnez^vous le nombre des blancs dans l'Amérique du Nord?

R. A environ trois cent mille, entre seize et soixante ans.

23) D. Quel peut être le montant annuel des importations d'Angleterre en Pensylvanie?

R. «Tai su que nos marchands évaluent l'importation anglaise à plus de cinq cent mille livres sterling.

24) D. Quel peut être le montant de vos exportations pour l'Angleterre?

R. Il doit être faible; car nous produisons peu d'objets dont l'Angleterre ait besoin. Je ne présume pas qu'il excède quarante mille livres.

25) D. Gomment alors payez- vous la balance?

R. La balance est payée par l'exportation de nos produits aux Antilles , et leur vente dans nos lies ou celles de la France, de l'Espagne, du Danemark et de la Hollande, par leur envoi dans les autres colonies du nord de l'Amérique, telles que la Nouvelle-Angleterre, la Nouvelle-Ecosse, Terre-Neuve, la Caroline et la Géorgie, par leur exportation en différentes parties de l'Europe, telles que TEspagne, le Portugal, l'Italie. Sur toutes ces places, nous recevons de l'argent, des lettres de change ou d'autres valeurs, propres à faire des remises sur l'Angleterre, ce qui, joint à tous les profits que l'industrie de nos commerçants et de nos marins tire de ces voyages, et aux frets de leurs bâtiments, vient finalement aboutir en Angleterre, comme à un centre commun, pour y solder la balance et y payer les produits de fabrication anglaise que notre province consomme ou que notre commerce revend à l'étranger.

26) D. Avez-vous ouï dire que le commerce avec l'Espagne ait été rendu plus difficile?

R. Oui. J'ai appris qu'il a été fort gêné par quelques règlements nouveaux et par les vaisseaux de guerre et les cutters anglais stationnés tout le long de la cât& d' djxviltvs^^.

1 1 CORRESPOND AKGE

27) D. Trouvez-vous juste que l'Amérique profite de la protection de ce pays, et ne paye aucune part de la dépense *?

R. Ce cas n'est point le nôtre. Les colonies ont levé, ha^ bille et payé, pendant la dernière guerre, près de vingtcinq mille hommes et dépensé plusieurs millions.

28) D. N'avez-vous pas été remboursés par le Parlement?

R. Nous n'avons été remboursés que de la portion qui, suivant vous, excédait notre part contributoire, ou le concours d'argent qu'on pouvait raisonnablement nous demander; cela n'était qu'une très-faible part de nos dépenses. La Pensylvanie en particulier avait déboursé environ cinq cent mille livres, et les remboursements n'excédèrent pas en tout soixante mille livres.

29) D. Vous avez dit que vous payez de lourds impôts en Pensylvanie ; à combien pour cent montent-ils?

R. L'impôt foncier et mobilier va, tout compté, à dixhuit pences par livre *. L'impôt sur les bénéfices du commerce et des professions s'élève, je pense, avec les autres taxes, à une demi-couronne par livre *.

30) D. Étes-vous au courant du taux du change en Pensylvanie, et savez-vous s'il a baissé depuis peu?

R. Il est communément de cent soixante -dix à cent soixante-quinze. J'ai oui dire qu'il est tombé dernièrement de cent soixante-quinze à cent soixante-deux et demi, baisse qu'il faut, je crois, attribuer à la diminution des demandes de marchandises. Lorsque les dettes envers l'Angleterre seront payées, j'estime que le change sera au pair.

31) D. Ne pensez-vous pas que le peuple d'Amérique se

1. Cette question fut faite par George Grenville, TauteUr de l'acte du timbre. Parton, 1. 1, p. 491»

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