‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 65 sur 86 · L. H., vivement. Agent de qui · texte numérisé non relu

L. H., vivement. Agent de qui

B. F. Du roi, raylord.

L. H. Point du tout. Par la charte de la province, il est un des membres do la corporation. Nul agent ne peut ôtre nommé que par un bill; nul bill ne peut passer sans son consentement. D'ailleurs, le procédé est directement con« traire à des instructions expresses'.

B. F. Je ne savais pas qu'il y eût de pareilles instructions. Je ne suis pour rien dans leur violation, et....

L. H. Vous vous trompez ; apporter ce papier pour le faire enregistrer, c'est un délit contre ces instructions. {Il le plie sans en avoir lu un mot,) Jamais on n'enregis-' trera une nomination de cette espèce. Quand j'ai pris Padministration des affaires américaines, j'y ai trouvé le plus grand désordre. Grâce à ma fermeté, elles sont un peu plus en état, et tant que j'aurai l'honneur de tenir les sceaux, je persévérerai dans la même conduite, dans la môme fermeté. Mon devoir envers le maître que je sers et envers le gouvernement de cette nation, Texige. SHls n'approuvent pas ma conduite, ils peuvent disposer de ma place quand ils voudront. Je leur tirerai mon salut, et je les remercierai; je résignerai mon poste avec plaisir. Ce gentleman (montrant M. Pourrait) le sait ; je suis résolu à persévérer dans la même fermeté. (Tout cela est dit avec grande chàlewr, et lord Hillshorough , devient pâle en parlant^ comme s*il était en colère contre quelque chose ou quelqu'^un qui le touche beaucoup plus que Vexent colonial,)

B. F., — tendant la main pour reprendre le papier que lui rend Sa Seigneurie. — Je demande pardon à Votre Seigneurie d'abuser de son temps. Il est, je crois, peu important que la nomination soit ou non reconnue, car je n'ai pas la moindre idée qu'à présent un agent puisse être d'au-

1. Les Inslructions étaient des circulaires ministérielles auxquelles on prétendait donner force de VA daxA \^ ^^^^\^«

ments à nos fabriques. Puis donc que rétablissement et le maintien de 4)es droits n'a pas de meilleure raison d'être que le règlement du commerce à Tavantage général, il me semble que la Grande-Bretagne aurait tout intérêt à les abandonner, en laissant les colonies maltresses de maintenir par leurs propres lois, et de percevoir, par leurs propres employés, les taxes nécessaires à leurs divers gouvernements. Cela seul étoufferait ces germes de division; les deux pays pourraient longtemps encore grandir Tun près de l'autre , plus tranquilles grâce à l'union de leurs forces, et plus formidables à leurs ennemis communs. Mais le pouvoir de nommer des amis et des créatures à des emplois profitables, est chose trop agréable aux ministres pour qu'on y renonce aisément; et, si la proposition en était faite, il est probable qu'elle aurait peu de succès»

Je ne prétends pas au don de prophétie. L'histoire montre qu'en suivant cette voie de grands empires se sont écroulés, et les dernières mesures, dont nous avons tant à nous plaindre , montrent que nous sommes sur ce fatal chemin. Si, à l'avenir, nous n'avons pas plus de prudence et de sagesse, que nous n'en avons montré des deux côtés, nous arriverons probablement à la même fin.

Néanmoins, le parlement vient d'être prorogé, sans avoir touché à notre charte, comme on nous en avait menacés. Son attention a été prise par d'autres affaires ; nous avons un peu plus de temps devant nous pour agir sur l'opinion, de façon à décourager en ce peint nos adversaires. Avec estime et respect, j'ai l'honneur d'être, etc. B. F.

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