VIII PRÉFACE
d'honneur à la sagacité politique du jeune roi qu'à sa grandeur d'&me. En refusant tout avantage particulier, en ne demandant à FAmérique que d'ouvrir ses ports au monde entier, Louis XYI détruisit le monopole maritime de l'Angleterre, donna à la France une alliée fidèle, et assura pour jamais la liberté des mers. Les malheurs de la Révolution ont jeté dans l'ombre cette aurore si pure du règne de Louis XVI ; il est bon de revenir sur ces premières années, et de rendre hommage à un prince qui ne connut d'autre politique étrangère que la justice et l'humanité. Franklin nous aidera dans cette œuvre de réparation ; il suffit de lire ses lettres pour aimer Louis XYI; et pour apprécier la sagesse de M. de Vergennes, son conseiller.
Il est encore une partie de cette Correspondance qu'on ne lira pas sans émotion : c'est le dernier chapitre qui contient les lettres que Franklin, rentré dans son pays à près de quatre-vingts ans, adresse à ses amis du vieux continent. Le patriotisme de cet admirable vieillard, sa douce gaieté au milieu des souffrances, la sérénité avec laquelle il attend la mort, sa foi en Dieu et en l'immortalité, donnent à ces dernières pages une touchante majesté. C'est de Franklin qu'on peut dire :
ÊJen ne trouble sa fin, c'est le soir d'un beau jour«