‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 76 sur 86 · Les lettres du gouverneur fiutchinson · texte numérisé non relu

Les lettres du gouverneur fiutchinson

A WILLIAM FRANKLIN

Édit du roi de Prusse. — Opinion d$ lord Mansfièld. -^ Lecture de l'édit chez lord Le Déspencer,

Iiondres, 6 (octobre 1773, Cher ûls,

Je voua ai écrit le 1« septembre, et depuis j'ai reçu votre lettre de New- York, eu date du 29 juillet. Je ne sais dans quelles lettres de moi le gouverneur Hutchinson a pu voir que je conseillais au peuple dMndister sur le f^it de son indépendance. Au surplus, quelle^ ^ue soient cto let^ très, je suppose qu'il en a envoyé des copies iôî; car j'en ai entendu chuchoter autour de moi. Je serai toujours prêt à justifier tout ce que j'ai écrit. Le thème de mes let* très a toujours été le même : éviter tout tumulte et toute mesure violente; nous contenter de maintenir verbale^ ment nos prétentions, et d'affirmer nos droits chaque fois que l'occasion l'exige; étant bien assurés que l'importance toujours croissante de l'Amérique fera qu'avant peu de temps on écoutera nos réclamations et qu'on y fera droit.

De longues et profondes réflexions m'ont convaincu que le Parlement n'a aucun droit de faire une loi qui oblige les colonies. Leur souverain, c'est le roi seul, et non pas le roi, les lords et les communes réunis ; c'est le roi, qui avec leurs Parlements respectifs, est leur seul législateur. Je sais qu'en ce point vous ne partagez pas mon opinion. Vous êtes, avant tout, homme de gouvernement ! je n'en suis pas étonné, et je ne chercherai pas à vous convertir*. Je souhaite seulement que vous agissiez

1. Dans la révolution américaine, William Franklin resta attaché au gouTernemeot anglais et se sépara complètement de son père. Il mourut en 1813 à Londres, exilé volontaire, et pensionné par les Anglais.

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avec droiture et fermeté, et que vous évitiez cette duplicité qui, ponr Hotchinson, ajoute le mépiis à l'indignation. Si Yous pouves favoriser la prospérité de votre peuple, et le laisser plus heureux que vous ne Fayez trouvé, quels qu« soient vos principes politiques, on honorera votre mémoire, rai dernièrement écrit, pour le Public AdverUser, deux articles sur les affaires de l'Amérique. J'ai voulu exposer la conduite de l'Angleterre envers ses colonies de façon brève et saisissante, et j'ai choisi une forme bizarre afin d'attiror plus sûrement l'attention. Le premier de ces écrits est intitulé : Règles pour faire cTun grand Empire un petit; le second est un Édit du roi de Prusse*. Je vous fais passer un exemplaire du premier ; mais je n'ai pu vous en garder un du second, quoique mon secrétaire ait été le lendemain matin chez l'imprimeur, et partout où on le vendait. Tout était parti, hormis deux exemplaires. Je préfère le premier morceau, tant à cause de l'étendue • et de la variété des choses qu'il contient, que par la manière piquante dont se termine chacun des paragraphes; mais je vois qu'en général on préfère le second*. Hormis un ou deux de mes amis, personne ne m'en croit l'auteur. On a parlé de VÉdit avec de grands éloges, comme de la pièce la plus piquante et la plus forte qui ait paru depuis longtemps. Lord Mansfield a dit que cela était fait avec beaucoup de talent et beaucoup d'artifice^ et que cette pièce ferait du mal, en Angleterre, parce qu'elle donnerait une mauvaise codeur aux mesures du gouvernement, et dans les colonies, parce qu'elle les encouragerait à persister dan& leur désobéissance. Cet Édit est réimprimé dans le Chronicle; vous l'y verrez, mais dépourvu de ces lettres ca-

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