V. infra, pages 331 et
2. Le 3 novembre 1773, Franklin écrit à sa fille qu'il s*est trompé en ce point, et que le public est décidément de son avis, car il a fallu réimprimer la première pièce dans le journal même où elle avait déjà paru.
pitales et italiques, qui indiquent les allusions et donnent au discours écrit l'accent de la parole. Imprimer une telle pièce avec un seul petit caractère uniforme, c'est, suivant moi, répéter, avec la monotonie d'un écolier , un des sermons de Whitefield.
Ce qui a fait le succès de cette pièce, c'est qu'on la lisant le public a été, comme on dit, mis dedans; on Va, prise pour un Édit véritable , jusqu'à la moitié de la lecture. Je crois que le caractère du roi de Prusse a contribué à la méprise. J'étais en bas chez lord Le Despencer, quand la poste apporta les journaux. M. Paul Whitehead, l'auteur des Mœurs, était là; chaque matin il parcourt les journaux, et dit à la compagnie ce qu'il y trouve de curieux. 11 avait emporté les journaux dans une autre chambre, et nous bavardions dans la salle à manger, quand soudain il accourt, hors d'haleine et la gazette à la main : a Voici, voici des nouvelles, s'écria-t-il ; le roi de Prusse soutient qu'il a des droits sur ce royaume. > Tout le monde de s'étonner, et moi, plus que personne. Le voilà qui se met à lire. A peine en eut-il lu deux ou trois paragraphes, qu'une des personnes présentes s'écria : a Maudit impudent ! vous verrez que la première poste nous apprendra qu'il est en marche avec cent mille hommes, pour > appuyer ses prétentions. » Whitehead, qui n'est point sot, commença bientôt à se douter de quelque chose, et me regardant en face : < Je veux être pendu si cet Édit n'est pas une de vos mystifications américaines. » Il poursuivit la lecture de l'article , qui finit au milieu des éclats de rire; chacun déclara que le coup était bon. On coupa la pièce dans la gazette pour la placer dans la collection de Sa Seigneurie.
Je ne suis point étonné que Hutchinson soit abattu. Il doit être peu agréable de vivre parmi des gens qui vous détestent tous. Cependant j'imagine qu'on ne lui permettra pas de revenir en Angleterre, d'abord ^^arca
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qa*on ne saurait trop qu'en fadre , et ensuite parce quV>Q n'est pas content de sa conduite. Je suis toujours votre père affectionné. 6. F.
Voici ces deux pièces de Franklin, qui ne sont pas connues autant qu'elles le méritent. C'est ce qu'on a écrit de plus piquant et de plus vrai sur la folie du système colonial. Qu'une métropole, en vertu de sa souveraineté politique, représente seule les colonies devant l'étranger, rien de plus naturel, et sur ce point il n'y a jamais eu de difficulté. Mais s'imaginer que les odoûies sont les servantes de la mère patrie, et que la métropole a le droit d'y régler à volonté le travail et l'industrie en ne consultant que son propre intérêt, ou en d'autres termes supposer que des citoyens résidant en Angleterre, ou en France, ont par cela seul un droit de souveraineté, ou plutôt de domaine, sur leurs concitoyens qui habitent l'Amérique ou l'Afrique, c'est une des erreurs les plus étranges qui se soient emparées des peuples modernes, et cette erreur a valu à l'Europe deux siècles de rivalités, de guerres et de misères sans nombre. Aujourd'hui l'Angleterre est plus éclairée, la leçon que lui a donnée l'Amérique lui a profité; la dépendance des colonies n'est plus qu'une dépendance politique. !Elles sont protégées et non plus gouvernées par la métropole; et le jour où, devenues msyeures, elles voudront se séparer, nul obstacle ne gênera leur liberté. Leur seul lien c'est la communauté d'origine et d'intérêt, lien des plus faibles en apparence, des plus forts en réalité.
Les idées de Franklin ont triomphé; l'Angleterre n'est pins une maîtresse eu\.o\]ix4^ d'^^ckves^ mais une
mère, entourée de ses filles, et qui se glorifie de leur croissance et de leur beauté.
RÈGLES POUR FAIRS D^UN GRAIU) EMPIRE tTM PEUT.
Mémoire ^ésenté à un nouveau nUmstre à son entrée
en fonctions.
Un ancien sage s'estimait en ceci que , s'il ne savait pas jouer du violon, il savait comment d'une petite cité on en fait une grande. La science que je veux révéler^ moi qui ne suis qu'un moderne ignorant, est justement le contraire.
Je m'adresse à tous les ministres qui ont l'administration de vastes empires, que leur étendue même rend fatigant de gouverner, parce que la multiplicité des affaires ne laisse pas de temps pour jouer du violon.
1. Et d'abord, messieurs, considère! qu'un grand Empire, comme un gros gâteau, est plus facile à entamer par les bords. Portez donc d'abord votre attention sur les provinces les plus éloignées , afin qu'une fois débarrassés de celles-là» le reste suive par ordre.
2. Pour que la possibilité d'une séparation existe toujours, prenez un soin particulier afin que les provinces ne soient jamais incorporées à la métropole^ qu'elles n'aient pas les mômes droits, les mêmes privilèges commerciaux, et enfin qu'elles soient gouvernées par des lois plus sévères, toutes de votre fabrique, sans qu'on leur donne jamais aucune part au choix des législateurs. En faisant et en maintenant avec soin de pareilles distinctions, vous agirez (je suis ma comparaison du gâteau) comme un sage fabricant de pain d'épioes, qui, pour faciliter la division, fend à moitié sa pâte là où il veut qu'une fois cuite elle se casse en morceaux.