‹ Correspondance (volume 5)Chapitre 78 sur 86 · Peut-être ces provinces éloi^€%% ^^^^Vl^ ^ivk · texte numérisé non relu

Peut-être ces provinces éloi^€%% ^^^^Vl^ ^ivk

quîses, achetées oa conquises par le seul effort des colons ou de leurs ancêtres, sans l'aide de la mère patrie. Si par hasard ces colons augmentaient la force de la mère patrie, toujours croissant en nombre et toujours prêts à l'aider dans ses guerres, s'ils augmentaient son commerce par des demandes toujours croissantes à ses fabriques, s'ils augmentaient sa marine, lui employant de plus en plus ses vaisseaux et ses matelots , peut-être croiraient-ils avoir quelque mérite et même avoir droit à quelque faveur; ayez soin de tout oublier, ou d'en être blessés comme d'une injure qu'ils vous auraient faite. Et si c'étaient des whigs zélés, des amis de la liberté, nourris dans les principes de la Révolution, rappelez-vous tout ceci, mais pour les en punir. Quand une révolution est solidement établie, de pareils principes ne sont pas seulement inutiles; ils sont odieux et abominables.

4. Vos colonies se soumettent pacifiquement à votre gouvernement, elles ont montré toute l'affection qu'elles portent à vos intérêts, elles ont souffert leurs maux en patience ; il n'importe ! Supposez-les toujours disposées à la révolte, et traitez-les en conséquence. Logez chez elles des soldats, qui par leur insolence provoquent l'émeute, et qui la répriment avec des balles et des baïonnettes. De cette façon vous ferez comme ces bons maris, qui par soupçon maltraitent leurs femmes; avec le temps vos soupçons deviendront des réalités.

5. Aux provinces éloignées, il faut des gouverneurs et des juges qui représentent la personne royale, et exercent partout la part d'autorité qu'il leur a déléguée. Or vous, ministres, vous n'ignorez point que la force du gouvernement dépend beaucoup de l'opinion du peuple, et que cette opinion du peuple dépend beaucoup du choix des gouvernants qu'on lui donne. Si donc, pour les gouverner, vous envoyez aux colons des hommes sages et bons, qui étudient riûtérét et favorisent la pros^^xW^ ^<ô \^^^w\wie^ les co-

Ions penseront que le roi est sage et bon, et qu'il désire le bien-être de ses sujets. Si, pour les juger, vous leur envoyez des hommes instruits et droits, ils penseront que le roi est un ami de la justice. Gela attachera davantage vos provinces au gouvernement du roi. Faites donc bien attention à ceux que vous recommanderez pour ces fonctions. Si vous pouvez trouver des prodigues qui ont dissipé leur fortune, des joueurs ruinés, des spéculateurs en faillite, cela fera d'excellents (gouverneurs, car il est probable qu'ils seront rapaces, et qu'ils irriteront le peuple par leurs extorsions. Des procureurs chicaniers, des légistes ergoteurs, ne feraient pas mal non plus, car ils disputeront et querelleront sans cesse avec leurs petits Parlements. Si de plus ils sont ignorants, entêtés et insolents, tant mieux. Avec des clercs de procureur et des avocats de cour d'assises, vous ferez des juges excellents, surtout s'ils ne gardent leur place qu'à votre bon plaisir. Tous ensemble contribueront à imprimer dans l'esprit des colons cette idée de votre gouvernement qui convient à un peuple dont vous voulez vous débarrasser.

6. Pour confirmer ces impressions et les enfoncer davantage, ayez soin, chaque fois qu'un opprimé vient à la capitale pour se plaindre de mauvaise administration , d'oppression ou d'injustice, ayez soin,dis-je, de punir le plaignant par de longs délais , des frais énormes, et enfin par un jugement rendu en faveur de l'oppresseur. De toute façon, ceci aura un effet admirable. Vous éviterez l'ennui de recevoir de nouvelles plaintes, tandis que vos gouverneurs et vos juges seront encouragés à de nouvelles violences et de nouvelles injustices. Par là le peuple sera de moins en moins affectionné, et finira par être désespéré.

7. Quand ces gouverneurs auront rempli leurs coffres, et se seront rendus si odieux aux colonies qu'ils n'y pourront plus rester en sûreté , rappelez-les et récompensez-les avec des pensions. Vous pouvez même les faire bacQ^v.-

nets, si o» corps respeotable n'en prend pat d'ombrage. Tout eela eiieouragera les nouveaux gouveraeitra k auiyrt les mômes pratiques , et fera détester le gQFovemtmeDt du roi,

8. Si) tandb que YOdis êtes engagés dans une gutire, vos colonies rivalisent à qui vous fournira le plus d'bommes et le plus d'argent^ sur votre simple réquisitun^ si elles donnent au delà même de leur» forces, réflédûsm qu'un pennj que vous leur prenea d'autorité esFt plus hth norahle pow vous qu'une livre sterling qu'elles voua oflireni par amUié; mépriên donc kur& dons voUmtaint^ et prenes le parti ào les harasser par des taœts nouvêlUt* Il ostpnH bàble que lea colonies se plaindront à votre ParlensHt d'être taxées par on corps où elles n'ont paa de ropréni tants« c Gela, diront-eUes, est contraire au droit commua» » Elles pétitionneront pour obtmîr justiee.^Que le Pariemeil insulte à leurs plaintes, qu'il rejette leura pétitions^ quil refuse même d'en entendre la lecture, qu'il traite les pé« titionnaires avec le demi^ mépris. Pour produire la séperation désirée, rien ne peut avoir un meilleup effet; on pardonne l'injure, on ne parâ<mne pas le mépris.

9» En établissant ces taxes, ne fattes jamai9 cOtmtHmhmuif lowdes éhofrgêê qui pèsenl déjà sur ce peupde, obligé de défeadie des ftootières, de àéîn^T son gou vei we m e ut provincial, d'ouvrir des rentes, de bdtir des pents» des églises et d^autres édifices publics, toute» eàoees qn# ym anoêtrea (mt faite» pour vous, mais qui saignent à Idanc la bourse d'un peuple nouveau. Oubliez les restriction» que vous avez mises sur leur eemmeree, dans votre seul itM^y oubUez^ les avantagée que ce monop(^e donne à vos bmu^ chands exigeants. Ne faites pas attention à la rldiesse que vos marchands et vos manufacturiers acquièrent par le commerce c(^(mial, à la facilité que cette richesse leur donne peur payer des taxes à l'intérieur; ne voyez pat gn^ilsmettentlephis{6!^dela\axftdaxkslfi^itl& de leure

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articles, et qu'ils le iont ainsi pay«r par le consominateiir ; tout cela, et ces milliers de tos pauvres qu'emploient et que soutiennent les colons, oubliez-les complètement; il le faut. Mais n'oubliez pas de rendre tos taxes arbitraires encore plus pénibles pour tos prorinees, an déclarant hautement que Totre droit de les taxer n*a jm» ûê UmUm^ de telle sorte que, lorsque tous leur prenea nn shilling par livre, voua avez un droit évident sur les dix-neof qui restent. U est probable que von» affaiblirez ainsi toute idée de sécurité, et que vous convaincrez les colons qne «yw un tel gouvernement ils n'ont rien qu'ils puisosnt i^ peler leur propriété: ce qui ne peut manquer de produire les plus heureuses conséquences I

10. Il est possible que quelques-uns de ces eolons se fiassent encore illusion et disent : c Si notre propriété n'est plus à nous» du moins il nous reste encore quelque chose qui a son prix ; nous aTons la Hbniè constitutionnelle, H^ berté de la persùnne et delà eonseiencê. Ce roi, ces lord»,oes communes, qui semblent trop loin de nous pour nous connaître et pour s'inquiéter de nous, ne peuvent nous en)e« ver notre droit d'Habeas eor/ms, notre droit d'être jugés par un jury de notre voisinage ; ils ne peuvent nous priver de l'exercice de notre religion, ni changer notre constitutioa ecclésiastique, ni nous forcer d'être, suivant leur bon plai* sir, ou papistes ou mahométans. s

Pour dissiper cette illusion, commencez par embarrasser leur commerce, avec des règlements infinis, inqpossibies à retenir et à observer ; faites saisir leurs propriétés à chaque infraction ; ôtez au jurj le jugement de ces propriétés, remettez-le à l'arbitraire de juges nommés par vous, tarés dans le pays, payés et avantagés sur ces condamnations, et révocables à votre bon plaisir. Ensuite, faites déclarer formellement par les deux Chambres que toute opposition à vos édits est une trahison, que tout colon, suspect de trahison, sera saisi suivant uua VAXjoit^^^ ^st^

désuétude, ettr^rnsporté dans la métropole de TEmpire pour y être jugé. Rendez une loi afin que ceux qu'on accuse de certains autres délits soient chargés de chaînes et envoyés loin de leurs amis et de leur pays, pour être jugés de la même façon, comme coupables de félonie. Érigez alors dans les colonies une nouvelle cour d'inq[uisition, soutenez-la par une force armée, et donnez-lui pour instruction de transporter tous les suspects, afin qu'ils soient ruinés par les frais, s'ils font venir des témoins de leur innocence, et, s'ils n'en peuvent faire venir, qu'ils soient jugés coupables et pendus '.

Et de peur qu'on ne croie que vous ne pouvez pas aller plus loin, promulguez une autre déclaration solennelle, affirmant a que le roi, les lords, les communes ont de droit, et doivent avoir pleine puissance et autorité de faire des statuts de force et de validité suffisantes pour lier, dans tous les cas qwlconques, ces provinces qui ne sont point représentées. » Ceci comprendra le spirituel avec le temporel, et le tout ensemble servira merveilleusement votre projet. Vous convaincrez ainsi les colons qu'ils sont à présent sous un pouvoir qui ressemble à celui dont il est question dans les Écritures, qui peut non- seulement tuer leurs corps, mais damner leurs âmes pour toute l'éternité, en les forçant, s'il lui plaît, d'adorer le Diable.

11. Afin de rendre vos taxes plus odieuses, et mieux faites pour amener une résistance, envoyez de la capitale un bureau d'agents chargés de surveiller la levée de Fimpêt; composez ce bureau des hommes les plus indiscrets, les plus mal élevés, et les plus insolents que vous pourrez trouver. Sur ce revenu extorqué, assignez-leur de larges salaires ; qu'ils vivent, dans un luxe insultant, sur la sueur

1 . Toutes ces suppositions font allusion à des lois trop réelleS| votées par le Parlement pour écraser rAmérique. La Cour d'inquisition est la Cour d'amvxaulè.

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et le sang d'un peuple laborieux ; ce peuple, qu'ils le fatiguent sans cesse par des poursuites mal fondées et coûteuses, portées devant ces juges arbitraires; que tous les frais soient à la charge de la partie poursuivie, fût-elle ' innocente. Le roi ne paye pas de frais. Ces commissaires , exemptez-les de toutes les taxes et de toutes les charges de la province, quoique les lois de la province protègent leurs personnes et leurs biens. Si quelque officier de douane est suspect de pitié pour le peuple, cassez-le. Si quelque autre donne lieu à de justes plaintes, protégez-le, récompensez-le. Si quelque agent subalterne provoque le peuple de façon à se faire rosser , faites-le monter en grade ; cela encouragera les autres, à se faire donner quel* qu'une de ces volées profitables, en multipliant, en aggravant ces provocations ; tout servira à vous mener au but où vous tendrez.

12. Une autre façon de rendre vos taxes odieuses, c'est d'en mal appliquer le produit. Si à l'origine elles ont été affectées à la défense des provinces, au soutien du gouvernement, à Tadministration de la justice , n'en affectez plus rien à la défense ; employez cet argent à augmenter sans nécessité le salaire ou la pension de tout gouverneur qui se distingue par son inimitié envers le peuple, et par les calomnies qu'il adresse au souverain*. Vous ferez ainsi que le peuple paiera avec répugnance, et sera tout prêt à se quereller avec ceux qui lèvent l'impôt et ceux qui l'ont imposé ; ceux-ci se querelleront à leur tour avec le peuple, et tout cela contribuera comme vous le désirez , à ce que ce peuple se lasse de votre gouvernement.

13. Si, dans quelques-unes de ces provinces, le peuple a été accoutumé à payer lui-même ses gouverneurs et ses jugeSj à la satisfaction commune, vous avez à craindre que ces gouverneurs et ces juges ne soient influencés par ce

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