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XIV. Les gouverneurs seront payés de la môme manière

Notre conversation porta principalement sur le pre^ mier article. Tout ce que désire le ministère , di-

sail-on, c'est qu'on lui donne une ouverture, un point de départ qui lui permette de commencer la réconciliation; une pétition contenant l'engagement dont il est parlé en cet article^ répondrait parfaitement i cette intention. On fait des préparatifs pour envoyer de nouvelles troupes et de nouveaux vaisseaux en Amérique; cette pétition pourrait empêcher leur départ, surtout si l'on y demandait la nomination d'un commissaire. On me pressa donc d'engager les agents des colonies à se joindre à moi pour faire cette pétition. Je répondis que l'affaire du thé ne pouvait concerner que les agents de la province de Massachusetts, qui étaient M. BoUan pour le Conseil, moi pour l'assemblée et M. Lee nommé pour me remplacer quand je quitterais l'Angleterre; que ce dernier par conséquent pouvait à peine, en ce moment, être regardé comme on des agents de la colonie, et que le premier était un homme craintif et ponctuel qu'il ne serait pas facile de déterminer h faire une démarche d'une telle importance sans avoir reçu d'instructions ni de mandat; que par conséquent, si Ton se décidait, il fallait que je prisse sur moi cette démarche ; que sans doute, s'il y avait une aussi grande chance de réussir qu'ils le supposaient, je n'hésiterais pas à me risquer; mais que je croyais que la nomination d'un commissaire avec le droit de suspendre le bill du port de Boston, serait nne mesure trop dilatoire, qu'une simple suspension ne serait pas satisfaisante, et que si les agents prenaient im pareil engagement^ il fallait que tous les actes relatifs à la province de Massachusetts fussent rapportés immédiatement.

Us profitèrent aussitôt de la disposition que j'avais

montrée à présenter une pétition, dans le cas où elle aurait des chances de produire quelque bien ; ils applaudirent à cette résolution et m'engagèrent à dresser la pétition sur-le-champ. Je dis que l'affaire était grave, que, s'ils le trouvaient bon, j'emporterais le projet de M. Barclay, que j'examinerais ces propositions sous leur nouvelle forme et que, le lendemain soir, je leur en donnerais mon avis. Cela fut convenu, et nous nous séparâmes.

En songeant à la situation dangereuse des affaires en Amérique, et au risque journalier d'agrandir un abîme que rien ne pourrait plus combler, j'adoptai l'idée d'envoyer là-bas un commissaire. Ce pouvait être un moyen de suspendre les opérations militaires et d'amener un traité. On préviendrait ainsi tout nouveau malheur, et l'accord se formerait et s'établirait par degrés. Je me décidai donc à prendre l'engagement qu'on m'avait demandé, et je fis en ce sens un projet de mémoire à lord Dartmouth, me proposant de le signer seul. Quant à l'envoi d'un commissaire , mesure qu'on me demandait aussi de proposer, en exprimant mon opinion sur son utilité, je craignis que mes collègues de l'agence ne fussent mécontents, et avec raison, si je faisais une démarche aussi importante sans les consulter. Je préparai donc une pétition en nom collectif, pour qu'ils la signassent avec moi s'ils le jugeaient convenable, mais, craignant quelques difficultés, je préparai une lettre à lord Dartmouth, qui contenait la même proposition avec motifs à l'appui, et que j'enverrais seul. Enfin, je jetai sur le papier quelques remarques sur les propositions de M. Barclay, et je fis aussi, sur un autre papier, des notes dont je devais

faire usage dans la conférence du 17 au soir. Voici la copie de toutes ces pièces. Il y manque la première que je ne trouve point dans mes bagages de bord.

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