A JOSEPH PRIESTLEY
Situation de V Amérique.
Philadelphie, 16 mai 1775.
Cher ami, *
Avant que cette lettre vous parvienne, vous aurez entendu 1. Célèbre physicien anglais.
parler de la marche dérobée que les réguliers' ont faite de nuit dans lacampagne, et de leur expédition à reculons. En six heures, ils ont fait vingt milles en arrière. Le gouyerneur' avait convoqué TAssemblée pour lui soumettre le plan pacifique de lord North ; mais avant le jour de la réunion, on a commencé à se couper la gorge. Vous savez qu'on a dit que le gouverneur portait l'épée d'une main et la branche d'olivier de l'autre , mais il semble qu'il a d'abord voulu nous faire tâter de l'épée.
U double ses fortifications à Boston, et il espère mettre ses troupes en sûreté jusqu'à ce qif il lui arrive du secours. La place est naturellement si facile à défendre que je crois les troupes à l'abri de tout danger. Toute l'Amérique ea^ exaspérée p^ff cette conduite et plus fermement unie que jamais. La brèche s'est élargie entre ks deux pay& et menace de devenir irréparable.
J'ai eu un passage de six semaines ; le temps a toujours été si doux qu'un bateau de Londres aurait pu nous accompagner tout le lo&g de la route, ^arrivai chez moi le soir, et, dès le ImkLemaiu matin^ l'assemblée de Pensylvanie me choisit à l'unanimité comme délégué au Congrès qui est à présent réunL
En route, j'ai fait une découverte scientifiqae qvl a son prix'; je vous la communiquerai dès que j'aurai ua peu de temps à moi. En ce moment, je suis ^ctrémement pressé. Votre bien affectionné B. F»