Ses expériences sur le Gulf-stream^ ou courant d'eau
cette majorité qui a vcraô mon pays à la destruction. Vous ayez conmienoô à brûler nos villes et à assassiner notre peuple. Regardez vos mains, elles sont souillées du sang âe vos frères I Vous et moi, nous avons été longtemps amis ; aujourd'hui, vous ôtesmon ennemi et je suis le vôtre. B. F.
Malgré son toa s&leanel, cette lettre n'est pas serieose; Franklin resta toujours Fami de M. Strahan. J'imagine qu'en récrivant Fauteur voulait adresser à l'Angleterre un dernier avertissement; il est certain que M. Strahan la fit imprimer à Londres, aussitôt après l'avoir reçue. Quant au fond même de la lettre, au sentiment qui l'inspire, rien de plus sérieux. Fran^klift était parti d'Angleterre, convaincu que la séparation était faite, et très^décidé à jouer sa fortune et sa vie pour afanchir son pays. Il avait cette résolution, qui est rare chez les vieillards, mais qui lorqu'elle s'y rencontre prend un caractère vénérable et sacré. A soixante-neuf ans on ne pouvait le soupçonner ni d'ambition ni d'intrigue, le patriotisme seul l'animait. Il était plus hardi que les jeunes gens dn Congrès, et pro£guait, sans compter, un reste de via qu'il donnait tout entier à sa chère Amérique et à la liberté*
A JOSEPH PRIESTLET.
Feli€ de h Grànd^Bretagne, — L& générai Gage^ — » Occluions de Franklin,
Philadelphie, 7 j^ llet 1775.
Cher ami,
Le Congrès s'est réuni au moment où les esprits étaient
chaude, qui vient du golfe du Mexique jusqu'aui côtes de France et d'Angleterre et en adoucit le climat.
si exaspérés par la perfidie du général Gage, et par son attaque contre le peuple des campagnes , çn'on avait peu de goût pour les propositions d'accommodement. G'estaTec peine que nous avons fait voter une nouvelle humble pài~ tion* à la couronne, pour donner à la Grande-Bretagne une dernière chance, une dernière occasion de recouvrer l'amitié des colonies. Je ne lui suppose pas assez de bon sens pour saisir cette chance, et je conclus q[a'elle a perdu les colonies pour toujours.
Elle a commencé par brûler nos ports, bien sûre, je suppose, que nous ne serons jamais en état de loi rendre le même outrage. Elle peut sans doute détruire tous nos ports, mais si elle veut reconquérir notre commerce, est-ce là le moyen? En vérité, elle est insensée; quel marchand, sinon à Bedlam ^, a jamais songé à augmenter le nombre de ses pratiques, en leur cassant la tète, ou à leur faciliter le payement de leurs dettes, en brûlant leurs maisons? Si l'Angleterre désire nous avoir pour sujets, si elle veut que nous nous soumettions à elle comme à notre souverain collectif, elle nous donne de si misérables échantillons de son
1. C'est DickinsoD, Tauteur des Lettres d'un fermier, qui a^ait emporté cette mesure. Elle était combattue par John Adams, et tous les députes de la Nouvelle-Angleterre, qui considéraient la rupture comme accomplie. Franklin ne se faisait pas plus dlW lusions que John Adams, mais il était toujours pour les moyens les plus doux, afin de ramener peu à peu les incertains et les faibles.. Il savait que la violence effraye, et que la modération unit les hommes. A la même époque les patriotes de Pensyl vante demandèrent au Comité de salut public de défendre au clergé de prier pour le roi. Franklin para le coup par une de ses plaisanteries habitueUes : « A quoi bon cette défense, dit-il. Je sais de science certaine que depuis vingt ans le clergé anglican prie constamment Dieu de vouloir bien donner la scigesse au roi et à son conseil, et nous savons tous quel a été le succès de cette prière. Il est évident que ces Messieurs n'ont aucun crédit à la cour du Ciel. » On rit, et la motion fut ajournée. Parton^ Life of Franklin^ t. II, p. 90.