Maison de fous
gouveraement, que nous le détesterons et le repousserons toujours comme un assemblage de vol, d'assassinat, de famine, de feu et de peste.
Vous savez déjà avec quelle perfidie le général Gage a traité le peuple de Boston. Après avoir permis aux habitants de se retirer avec leurs effets, il a retenu les marchandises, sous prétexte que des marchandises n'étaient pas des effets. Vous avez appris la défaite d'un grand corps de troupes par les gens de la campagne à Lezington ; et les petits avantages que nous avons remportés dans quelques escarmouches. A Bunker's-Hill, les soldats ont été deux fois repoussés, ils n'ont gagné qu'à la troisième fois une victoire qui leur coûte cher. En voici assez, je crois, pour convaincre vos ministres que les Américains se battront \ et que la noix sera plus dure à casser qu'ils ne Timaginent.
Nous ne nous sommes encore adressés à aucune puissance étrangère pour lui demander de nous aider; nous n'avons pas encore offert notre commerce pour prix de cette alliance. Peut-être ne le ferons-nous jamais; mais si nous sommes serrés de trop près, il sera naturel d'y penser. Nous avons maintenant une armée sur pied qui tient la vôtre assiégée (dans Boston). Jamais mon temps ne fut plus occupé. Le matin, à six heures, je suis au Comité de salut public que l'assemblée a chargé de mettre la province en état de défense. Ce comité dure jusqu'à neuf heures; c'est le moment ou j'entre au Congrès qui siège jusqu'à quatre heures de l'après-midi. Ces deux corps agissent avec la plus grande unanimité, leurs séances sont fort suivies. En Angleterre, on ne croira guère qu'on soit aussi zélé chez nous par amour du bien public que chez vous par amour de quelques milliers de livres sterling à Tannée.
1 . En Angleterre les traîneurs de sabre n'avaient pas manqué
de dire que les Américains étaient des lâches, et qu'il suffirait
de la vue d'un habit rouge pour les mettre tous en fuite.
ii& CORRESPONDANCE
Tello «fit la différence des nouveai» Étatg qui ne sont pas corrompus et des vieux États qui sont pourris»
L'économie, le travail sont devenus à la mode en notre pays. Des gens qui n'avaient pas moins de deux ou trois services h leur dîner, se font gloire maintenant de traiter leurs amis avec du bœuf et du poudding* Par ce moyen et en arrêtant tout notre commerce de consonmiation avec la Grande-Bretagne, nous serons mieux en état de payer nos taxes volontaires pour Tentretien de nos troupes. Sur cet article, nos économies montent à près de cinq millions sterling par an *.
Je communiquerai votre lettre à M. Winthrop, mais le camp est à Cambridge, et M. Winthrop a aussi peu de loisir que moi pour la science. Croyez-moi toujours, etc.
A JOSEPH PRIBSTLIT.
Philadelphie^ 3 octobre }775.
Cher monsieur, Demain, je pars pour le camp *; o'est à Pinstant que je
1. Vers la même époque Franklin écrivit à son fils : « Quelque longtemps que puisse durer la guerre, Indépensé ne m'effraie pas. Un peu plus d'économie, un peu plus de travail chez chaque individu y suffiront aisément. Supposons que la guerre coâte 100000 livres (2500000 francs) par mois ou 1300000 livres (30 millions] par an. Si 500000 familles veulent dépenser chacune un shilling de moins et gagner un sbilling de plus par semaine, ou seulement dépenser six pences de moins et gagner six pences de plus, elles payeront toute la somme sans trop s'en apercevoir. Renoncer au thé, économise les trois quarts de cet argent; 5C0000 femmes faisant cbacune trois pences de fil ou de tricot payeront le reste. Je n'en désire pas moins très-sérieusement la paix, car cette guerre est contre nature, mais de la soumission nous n'avons rien à attendre que la servitude et le ■ mépris. » Parton, Life of Franklin, t. II, p. 93.